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Le tabac : études historiques, chimiques, agronomiques, industrielles, hygiéniques et fiscales sur le tabac à fumer, à priser et à mâcher : manuel pratique à l'usage des consommateurs-amateurs, planteurs et débitants / Albert Larbalétrier
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LE TABAC.

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tinée à devenir le fourneau. Il passe ensuite son ou-vrage à un ouvrier qui perce le tuyau avec une tigede laiton ou de fer huilée, et qu’il pousse d’une mainjusqu’à une certaine distance du fourneau pendantqu'il maintient sa direction dans l’axe du cylindre avecdeux doigts de l’autre main. Vous voyez ça d’ici.

Il met alors le cylindre de pâte ainsi préparé, enlaissant l’aiguille en place dans un moule formé dedeux coquilles en cuivre, qu’il serre ensuite à l’aided’une vis de pression. Il fait le fourneau au moyend’un refouloir ou étampoir en cuivre, qu’il enfonceen tournant dans la partie correspondante du moule;enfin il termine le tuyau en poussant l’aiguille de lai-ton jusqu’à ce que son extrémité apparaisse au fonddu fourneau. Et voilà.

La pipe est alors séchée à l’ombre avant d’êtrecuite, après quoi elle est livrée aux fidèles du cultede la bouffarde, très nombreux comme on sait, sur-tout dans le nord de la France .

Peut-être vous plairait-il, maintenant, de savoirdepuis quand nous fumons la pipe, qu’illustra JeanBart , grand culotteur de brûle-gueules devant l’Eter-nel? Ce n’est guère que sous le premier Empire quese généralisa l’usage de la pipe. On raconte que legénéral Lassalle chargea souvent les ennemis la pipeà la bouche ; il eut bientôt des imitateurs parmi seshommes. Oudinot ne dédaignait pas non plus ce plai-sir. Napoléon lui fit présent d’une pipe ornée de pier-reries, d’une valeur de trente mille francs, qui, j’ensuis convaincu, ne valait pas une simple bouffarde enterre, et que du reste il ne devait pas sortir souvent.

Mais c’est principalement depuis 1830 que la pipe