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LE TABAC.
cinq grammes de poudre à Nicot (I) ; ils se contententd’énumérer les inconvénients réels de cette habitude,sans chercher à assombrir bénévolement le tableau.Gory rappelle aux priseurs qu’ils sont exposés auxpolypes des fosses nasales et aux excoriations dupourtour du nez et de la lèvre supérieure. Fumey leurenseigne que des parcelles de tabac prisé peuventmonter par le canal nasal jusque dans le sac lacrymalet s’introduire dans les conduits lacrymaux, de façonà obstruer ou à enflammer ces parties et produireainsi les maladies appelées epiphora et fistule lacry-
(1) Le D r Améclée Latour, qui prise comme Devergie, vivra plusencore que lui, à la grande satisfaction des lecteurs de VUnionmè-dicale . Son enrôlement dans le bataillon de la prise date de loin:l’aveu en a été fait par le coupable, en 1861, dans une page char-mante :
« A propos de tabatière, le souvenir me revient d’une visite quej’eus l’honneur de faire, il y a bien trente-trois ou quatre ans, à l'eule baron Portai, premier médecin de S. M. Charles X ... Portai fut trèsgracieux avec moi. Pendant que j’écoutais un de ses récits faits àvoix éteinte,-Portai était aphone,—je pris machinalement une prisede tabac.
« Vous prenez du tabac, mon enfant; je vous souhaite alors de« devenir médecin assez célèbre pour recevoir autant de tabatières« que j’en ai reçu, moi qui ne m’en sers pas. »
« Et, ce disant , le vieux baron se lève, s’approche d’un meuble élé-gant en bois d’ébène, l’ouvre et montre à mes yeux éblouis une col-lection inénarrable de tabatières somptueuses. Il y en avait 366, unepour chaque jour de l'année, y compris les années bissextiles.Chaque tabatière était précieusement renfermée dans une boîterecouverte de velours violet, sur lequel étaient imprimées en lettresd’or le nom est les titres du donateur, la date du don et la circons-tance. Tous les rois, empereurs, princes et princillons de l’Europe étaient là représentés, avec leur image ou leur chiffre entouré debrillants ou de perles Unes. C’était un vrai trésor des Mille et uneNuits. Il est vrai et je ne peux taire que la chronique, souventunpeu méchante, disait que Portai, qui avait toujours beaucoup aiméla mise eu scène, avait faufilé dans sa collection quelques tabatièresapocryphes. » (Union médicale 1861.)