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dès les temps les plus reculés, fut une principautéindépendante et absolue. Les Etats-Généraux, tom-bés en désuétude au temps du duc Emmanuel-Phi-libert, ne limitaient en aucune manière l’autoritédu souverain; ils n’étaient que des réunions de sup-plians, trop nombreuses, ajoute-t-il, qui offraientde l’argent, et présentaient humblement des requêtespour obtenir quelques privilèges ou autres conces-sions. Le gouvernement des princes de Savoie se con-duisait au moyen d’un conseil intime ou conseil se-cret d’Etat. C’était ainsi qu’avaient admirablementgouverné, suivant lui, le duc Charles-Emmanuel I er ,et la duchesse Christine de France , régente des Etatsde Savoie après la mort du duc Victor-Amédée I erson époux. »
J’ai tâché de réfuter tout ce tas de faussetés his-toriques dans le premier volume de mon Essai surles anciennes assemblées nationales de la Savoie et duPiémont que j’ai cité ci-dessus, et je crois l’avoirfait victorieusement. Du moins , ni le comte Napionealors vivant, ni aucun de ceux qui partageaient sesopinions, n’entreprirent de répondre aux preuves
car, à la faveur de ces expressions, on veut l’arbitraire, les par-tialite's , l’inquisition dans les familles, l’intervention dans les in-térêts privés, et toute sorte d’abus. Qui est père plus que Dieu ,qu’à juste raison on appelle le père des miséricordes? Eli bien! ilne règle le monde que par des lois générales. Le temps des mi-racles, qui seraient ses lois particulières ou ses rescrits, est passéou à peu près passé ( je dis à peu près , car je ne veux pas entreren contestation, ni avec la cour de Rome, ni avec des théologiens).Il en doit être de même des rescrits des princes par rapport auxaffaires privées.