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Edit du roi de Sardaigne Charles Albert, du 18 août 1831, portant création d'un conseil d'état : un discours préliminaire et des notes / par le Conte Ferdinand dal Pozzo
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vice public pourassurer le maintien de la sûreté in—

média tement. Il faut que le gouvernement soit bien convaincu quela passion de l’égalité, je m’entends, d’une égalité raisonnable,est si forte dans ces temps-ci, que si elle n’est pas satisfaite de ma-nière à rendre admissibles à toutes les sommités sociales tous lescitoyens, sans que la naissance soit jamais un obstacle, il peut enrésulter les plus grands ravages dans le corps social. On ne souffri-rait pas un tel état de choses même en Angleterre, qui est le paysle plus aristocratique que l’on connaisse. Et en France , l’un desdéputés les plus estimés s’écria, avec l’accent de la conviction, en1819 : « Et sait-on ce que peut sur des âmes fières l’idée d’un in-» dividu qui se prétendrait, par le seul fait de sa naissance, d’une» nature supérieure ? Les esprits pourraient arriver à un terme» où il n’en faudrait pas davantage pour bouleverser les Etats. »4 ° Liberté d’industrie ; qu’en conséquence toutes les corporationsd’arts et métiers, ou jurandes, soient supprimées. 5 ° Liberté d opi-nions; que l’introduction des livres et des journaux étrangers ( vifbesoin de tous les jours à cette époque) soit immédiatement libre,et la presse dans l’intérieur graduellement affranchie. 6° Liberté(Tenseignement, et, d’après ce principe, réviser les lois actuellementen vigueur. Certes, si la liberté d’enseignement existait, on verraitse multiplier les écoles d’enseignement mutuel, et disparaîtrecelles des Ignoranlins, dont on vient d’en établir une tout récem-ment à Annecy , sous l’approbation expresse du roi. 7 0 Liberté desbiens-, en conséquence les primogénitures et autres substitutionsabolies. De toutes les libertés et de l’égalité devant la loi ci-devantmentionnées il y aurait beaucoup de corollaires à déduire et àsanctionner immédiatement : les codes français à remettre en vi-gueur avec peu de cliangemens et quelques lois transitoires ; —l’inamovibilité des juges à établir, ainsi que la responsabilité desministres ;—une amnistie politique ample et honorable à publier;—les corporations monastiques d’hommes à supprimer ;—les gra-des , titres et honneurs abolis brutalement en 1814, à rétablir ; —les fonctionnaires publics de cette époque,qu’on n’a pas employésde nouveau, à récompenser par des pensions de retraite convena-bles;—les travaux historiques à encourager, en ouvrant toutes les