PITTORESQUE.
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ger. Voici quel fut l’ordre de la marche denotre Caravane. Mon peintre aux jambes, decerf, courait devant nous comme un lévrier,en sautant d’une pierre à l’autre. Venait en-suite le meunier muni d’une planche , pourservir de pont aux passages scabreux, Je sui-vais notre pontonnier d’un pas grave et cir-conspect -, masquant sous une contenance re-cueillie quelques dispositions moins héroïques.Le Ministre Baillif fermait la marche, commeAumônier de l’armée ; méditant peut-êtreéventuellement notre oraison funèbre en casde malheur.
La traversée du ravin formé par les eauxde la Sortie , avait dix à douze pieds de lar-geur, sur une longueur de près d’une demi-lieue. Dès ses premiers pas, on n’apperçoitque des objets allarmans ; et pendant toutesa roule, il faut se passer de la vue du ciel.La lumière d’un jour plus triste que les ténè-bres mêmes, ne dardait qu’à regrets ses fai-bles rayons, à travers une voûte obscure,formée par les branches de noirs sapins.D’épais buissons et des rocs sourcilleux horsde leur à-plomb , étaient suspendus sur nostêtes comme l’épée de Damoclès. A nospieds, d’étroits rebords de rochers, encom-K a