PITTORESQUE. 19S
grottes des roches de Moutiers ou de I’her-mitage d’Arlesheim.
Au moment de descendre des hauteurs duJura pour regagner la plaine, le jour expi-rait sur le front superbe des Alpes . Leurscimes réfléchissaient encore les brillantes cou-leurs du crépuscule ; tandis que les vallonsétaient déjà ensevelis dans l’ombre. Le Dieudu jour paraissait quitter à regret ces obé-lisques majestueux : peu-à-peu leurs diadè-mes de neige se colorèrent du plus beaupourpre, auquel succéda une teinte violette,envahie enfin par les ombres de la nuit. IIest impossible de décrire l’effet de ce specta-cle : j’étais en extase et ne pouvais me ré-soudre à quitter le plus magnifique des Bel-védères. On taxera, si l’on veut, cet enthou-siasme de délire sentimental; je le veux bien,mais que je plains le coeur dans lequel cet-te fleur délicate est fanée! Cette triste apa-thie annonce la vieillesse de l’ame! O! com-bien je me félicite de n’ètre pas encore vieuxde ce côté-là; quoique parvenu à l’hyver dema vie , le printems est toujours dans ma têteet dans mon cœur.
Il nous restait encore du chemin à faire:nous ne quittâmes notre station qju’à l’ins-Tome II. N