DREVANT.
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de pierres brutes et de toutes grosseurs irréguliè-rement entassées, et sans doute apportées d’assezloin, si l’on en juge parleurs angles usés. On nesaurait en donner une idée en le comparant à unmur en pierres sèches ; il ressemble davantage àun amas de décombres. Une ouverture au milieuparaît avoir servi de porte ; sur ce point il n’y a pasde fossé. Ce retranchement, et les escarpementsnaturels dont j’ai parlé, isolent un carré d’un peuplus de cent toises de côté. Vers le milieu du pla-teau, et dans l’enceinte fortifiée, se trouve un puitsgrossièrement construit, maintenant comblé. Ilest vraisemblable qu’il a été réparé plus d’une fois;mais je suppose qu’il a été creusé dans le principeeq même temps que le retranchement s’élevait.A mon avis, cette fortification si barbare, a étéautrefois un oppidum des Bituriges. Vainqueurs,les Romains se sont établis de préférence sur larive droite du Cher, parce que la rive gauche,resserrée par la colline dont je viens de parler, neleur aurait pas permis d’étendre leur ville. Qui n’aobservé d’ailleurs qu’un des effets ordinaires de lacivilisation est de faire abandonner les hauteurs,du moment où l’on n’a plus besoin d’y chercherla sécurité?