DE FORTIFICATION RÉGULIÈRE. 81
d’armes L R, l’emplacement, dans le prolongementdu fossé du ravelin, seroit trop petit et trop incom-mode pour y établir des batteries. Quant aux flancsrentrants des bastions, ils dérobent, par leur situation,leurs murailles à la vue de l’assiégant.
La fausse-braie peut, à la vérité, comme on l’a dit,être battue en brèche par la trouée du fossé, de la mêmemanière que le sont les faces des bastions dans lessystèmes suivis; mais plusieurs causes se réunissentpour établir une différence essentielle entre ces deuxbrèches: l’une ouvre le corps de la place, l’autre aucontraire ouvre l’enceinte extérieure; encore seroit-iltrès difficile de parvenir jusqu’à cette brèche, qui nedonne d’ailleurs entrée ni dans la place ni dans lesbastions, puisqu’on rencontre un fossé profond devantsoi, et des deux cotés des murs de trois toises d’élé-vation. Cette fausse-braie se trouve d’ailleurs sousla portée des grenades lancées à la main du haut desremparts, et aucune traverse ne sert d’abri contre undouble flanquement et des feux de revers. Dans lefossé même des coupures des bastions, sont des bat-teries basses, couvertes comme derrière des orillons,qui rasent toute l’étendue de cette fausse-braie.
Dans la supposition que l’assiégeant pénétrât jusquedans le fossé, entre elle et la courtine, il y seroit plongédes deux côtés; les boulets et les balles à cartouche,