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puis cependant assurer, que de toutes celles que j’ai exami-nées d’un peu près, à la vue simple , il ne s’en est pas trouvéune seule où l’écorce, les feuilles et les fruits, ne portassentdes marques évidentes de ces sortes d’éruptions cutanées ,dont j’ai suivi les traces du dedans au dehors , en observantattentivement les tissus ligneux ( i ) ; ainsi, depuis la moussequ’on foule aux pieds, jusqu’au chêne majestueux qui nousprotège de son ombre, l’on ne verroit, selon toute apparence,aucun individu du règne végétal, qui ne fût abondammentpourvu de ces dégorgeoirs naturels , que je suis bien éloignéde regarder comme un signe ordinaire de maladie, puisqueles plantes les plus vigoureuses et les tiges les plus jeunes ,sont celles qui en ont davantage.
L’on a déjà pu remarquer précédemment que , dans lepommier comme dans le cerisier, ils favorisoient évidem-ment la chute des écailles de la vieille peau. Mais ce degréd’utilité est bien peu de chose eu comparaison du doubleobjet rempli par la nature , lorsqu’elle fait déboucher au-dehors un nombre prodigieux de peuplades d’animalcu-les (2), qui, sans les écoulemens extérieurs , se trouveroient
(1) Ces éruptions «sont peu sensibles sur la plupart des fruits, où elles neparoissent que comme de petites taches diversement colorées ; mais elles sontbien apparentes dans le melon qui commence à mûrir. Sa peau se couvre , àcette époque , d’une broderie saillante , dont le développement semble con-certé pour opérer la maturation.
(2) J’en ai compté jusqu’à quatre cents sur un pouce quarré d’une jeuneécorce de pêcher. Mais qui oseroit ensuite entreprendre le calcul des milliardsd’individus compris dans une seule peuplade?