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INTRODUCTION.
(1770-87)
relies à coups de plume el de crayon. Néanmoins, on les dirigeait en sonnom, et toujours est-il qu'elles prenaient naissance en son palais, où selenait bureau d'esprit. Là, quelques nobles, ceux qu'on appelait encore lesaimables roués; quelques belles dames, quelques abbés, — les fidèles —serépandaient, de lemps à autre, en invectives contre les rêves des Caeouas ’,des derniers Illuminés ’*, el des Francs-Maçons ; tout en s'entretenant desnouvelles robes de M lle Berlin et des étonnantes créations culinaires de La-guipierre, le fameux cuisinier, ou des guirlandes inventées par MlleContatdans la Coquette corrigée, ou des énormes boucles d'oreilles à la créole qu’onvit paraître pour la première fois dans Mirza, ballet de Gardel ***.
Avec ces réunionssont nées bien des erreurs politiques, elles comméragesqui s'y faisaient influençaient Marie-Antoinette qui se trouvait avoir ainsicomme le roi, son petit conseil, son comité autrichien, au dire de ses enne-mis. Parmi les bons mots qu’elle y prononça, on remarque sa comparaisondes Parisiens à des grenouilles qui ne font que croasser. Imprudente parole,car bientôt leurs croassemens se changèrent en véritables clameurs. Lespièces de théâtre donnèrent lieu à des allusions plus expressives touchantles idées de politique et de liberté. La reine alla un jour voir jouerl’Amant bo irru, et comme un des acteurs disait à Saint Germain, valet dela comédie : — « f'.’est un coquin qui fait tout de travers , il faut que je lechasse. » — Le public se tourna vers Marie-Antoinette avec force applaudis-sements. Il s'agissait du ministre Saint-Germain****.
Un exemple encore plus frappant des idées du jour, ressort de ce qui sepassa, peu de temps après, à une représentation d'Athalie. Joad donne desages conseils au jeune roi :
Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois.
Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois; (interruption.)Qu’un roi n’a d’autre frein que sa volonté même; (id)
Qu’il doit immoler tout à sa grandeur suprême ; (id)
Qu’aux larmes, au travail, le peuple est condamné ; (id , etc.)
A ce vers : hélas! ils ont des rois égaré le plus sage, il y eut explosion géné-rale. Les avancés , selon l'expression en usage, faisaient ainsi la leçon aux
* Nom donné par dérision aux disciples de l'Kcole vollairienne.
'■ Nom d'une secte de philosophes, datant environ de l’année I77C.
Cabinet des modes.
"" Il était collègue de Turgot , et tenait le département de la guerre. Saint-Germain avaitvoulu introduire davis l'armée la discipline allemande, de nouveaux exercices, el les châtimentscorporels : toutes mesures qui avaient soulevé de grands mécontentements.