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ELECTIONS.
(mai 1789)
CHAPITRE II
Élection! des députés — Compliments des dames de la Halle. — Caricatures sur la réuniondes trois ordres. — Assemblée nationale. — Comité des Subsistances. — Les arisiocranes taristocruches t c le. — L'œuf à la coque. — Litanies patriotiques.— Affaire de l’Abbaye.— Les cocardes. — Triomphe de Necker et du duc d'Orléans. — Organisation de la miliceparisienne . — Prise de la Bastille, heure première de i.a liberté. — Le princetricolore; la lanterne. — I/inlrépide Palloy. — Résultats de la prise de la Bastille.
La question vitale du moment consistait dans l’élection des députés auxÉtals-Généraux . Pour y parvenir, on avait provisoirement divisé la massedes électeurs en districts et en assemblées primaires, mode d’uniformité, maisaussi d'égalité, et qui fitnailre aussitôt de grandes dissensions. Les anciennesdivisions d’ordres avaient toute leur force; le clergé et la noblesse jouis-saient , de temps immémorial, de privilèges et de prérogatives qu'ils ne sesouciaient point d’abandonner. Le dernier ordre, au contraire, n’ayant quel’aveniret presque pointde passé,ne pouvait se permettre aucun acte d’indé-pendance qui ne passât pour de l'audace. C’est cette lutte opiniâtre des troisordres qui sera le principal objet de ce chapitre, lutte qui ne finit pas mêmeavec la prise de la Bastille, et qui stimula, six mois durant, la verve et l'es-prit des camps opposés. Les dissensions des trois ordres ont donné lieu à denombreuses caricatures, surtout de la part du tiers-état : on n’est jamaissi spirituel que lorsqu'on est matériellement le plus faible.
A Paris , les réunions préparatoires se tinrent dans le local de Yarchevêché.Chaque ordre nommait son procureur. Il arriva un jour que le procureur dutiers-état prononça hautement son éloge, ce qui fut d’abord fort bien goûtépar la noblesse ; mais un noble ayant renouvelé la louange, fut désapprouvépar plusieurs de ses confrères et maltraité personnellement *. Nous laissons
■ Mémoire, de Bailly.