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Tome premier.
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.VI

DISGRACE DE NEC.KEU.

: juillet !78ii)

sards sc présentèrent au Palais-Royal ; ou leur barra le passage; ils insistè-rent et tirèrent leur sabre, au grand mécontentement delà foule. D’autre part,les ouvriers de Montmartre , exaspérés par la vue des troupes qui environ-naient Paris, arrachèrent de prison un détenu etsc transportèrent au Palais-Royal entre onze heures et midi. Ils avaient un drapeau sur lequel on lisaitces mots : Vive le Tiers l Le 10 , un fait plus grave encore se passa ; les canon-niers des Invalides quittèrent leur poste et vinrent au Palais-Royal danseravec les poissardes. Ils se disaient du tiers-état aussi *. Quel foyer que lePalais-Royal ! C'est là que s'organisèrent les insurrections sous l’Assembléenationale. Pendant la révolution, le lecteur s’en convaincra à mesure qu'ilavancera dans cet ouvrage, il y a eu, à différentes époques, des lieux con-sacrés pour les mouvements populaires.

Juillet, le mois des révolutions, s'annonce sous de fâcheux auspices. Lesrégiments qui emplissent Versâmes, Sèvres et Saint-Cloud , motivent descraintes à Paris . Tous les visages sont inquiets et sombres. Mirabeaudemande le renvoi des troupes. Un seul nom est cité partout, celui de Necker,le sauveur de la France , qui a refusé d’accompagner Louis XVI à la séanceroyale, et qui ne veut pas laisser transférer l’assemblée dans une ville deprovince, à Noyon ou à Soissons .

Alors la cour se tenait sur la défensive, elle était en opposition avecM. Necker, tellement que le 11 il reçut l’ordre de donner sa démission et departir mystérieusement. Le moment était mal choisi.

Sa disgrâce fut bientôt connue à Paris , mais on n’en parla d'abord qu’avecbeaucoup de circonspection. Le tt, à midi, on savait que MM. de Montmorin,Saint-Pricst eide la Luzerne parlaient aussi. Necker quittant les finances, celafaisait penser que tout était perdu ; aussi les agents de change délibérèrentsur les suites de cet événement, et sur les atteintes qu’il pouvait porter aucommerce; ils décidèrent que la Bourse serait fermée le lendemain. Laconsternation et l’agitation régnaient. Des bandes d’individus armés incen-dièrent la barrière de la Chaussée-d'Antin. Trône vacant, voilà ce que l’onavait affiché dans Paris , avec cette phrase : « O duc d'Orléans, digne des-cendant de Henri IV , paraissez, mettez-vous à la tête de vingt mille hommesqui vous attendent ** ! »

Le Palais-Royal aussi protesta contre ce coup d’état. Malgré les affichesque l’autorité avait fait placer pendant la nuit, et qui invitaient les citoyensà rester chez eux, une foule de molionnaires se rassembla dans te jardin,pérorant et manifestant son opinion par des cris et par des gestes. CamilleDesmoulins, jeune avocat et ami de Maximilien Robespierre , membre del’Assemblée nationale, était le plus animé. Il monta sur une table, et déclara

* Courrier de Paris , passim.

•• Appel au peuple, par Louis \VI .