ôi
m it di; 4.
(aoûl 1789)
avoc audace les arrêtés de VHôlel-de-Yille , placardés sur les murs, souventarrachés par des malveillants, et toujours en opposition avec les arrêtésbretons, publiés parle Coin du Talais-ltoyal. La bourse est devenue peu àpeu un véritable thermomètre des événements de chaque jour.
l'n calme parfait n'existait donc pas à Paris ; dans les provinces il étaitmoins rassurant encore. Un vaste incendie s'étendit sur la France entière,l'incendie des châteaux, indignes représailles des prolétaires contre les riches,motivées, en apparence, par un imprimé qui fit savoir aux paysans. « Que leroi ordonnait de brûler tons les châteaux-, qu'il ne voulait plus que le sien. »Les éclaireurs de châteaux se rendaient chez les propriétaires , prenaientleurs girouettes, leurs mesures , leurs cribles; y attachaient des rubans etdes plumes, et suspendaient ces espèces de trophées à un arbre, avec cetécriteau : quittance finale des rentes *.
A cet événement se rattachent les meurtres de Belzunce, à Caen ; de Châ-tel, lieutenant de maire, à Saint-Denis ; et l'arrestation du baron de Bezen-val, commandant pour le roi dans la généralité de Paris . Une de ses con-séquences à été la fameuse séance de V Assemblée nationale, dans la nuit du 4au 5 août.
L'abandon des privilèges se place au nombre des faits les plus importantsdelà Révolution. La noblesse elle clergé accomplirent spontanément leurspremiers et leurs plus immenses sacrifices à 1 égalité ; et cette nuit, qui vilsupprimer les justices seigneuriales, les prévôtés , les capitaineries , lesdîmes,l'hérédité des offices de magistrature, la vénalité des charges, le droitde colombier, les aides et les gabelles, le denier delà veuve, la pluralité desbénéfices, les franchises particulières desprovinces, les mat Irises et jurandes,les droits de contrôle, le déport, etc., etc.; cette nuit, qui vit admettre enprincipe l'égalité des peines, l'admissibilité à tous les emplois , le rachatdes droits féodaux, l’affranchissement des serfs, le droit de chasse pourtous, etc., etc., renouvela la face de la France . L'arbre féodal fut arraché.
Ceux qui en redoutaient les effets, ne surent quels noms assez dédaigneuxdonner à la nuit du 4 août. Les uns l’appelèrent la nuit des dupes; les au-tres, la nuit des sacrifices; d'autres, la Saint-Barthélemy des propriétés ; d'au-tres, enfin, l'orgie législative. Ce qui prouvait combien il y avait d'arrière-pensées dans l'abandon des privilèges.
Une médaille en éternisa le souvenir; le burin retraça mille et millefois cette séance extraordinaire; un Te Dcum fut célébré en actions degrâces.
Parmi le peuple, la nuit du 4 août fit naître simultanément des idées defraternisation et des projets de vengeance.
• Histoire de la Révolution, par deui amis de la liberté. 1. 4.