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Tome premier.
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(avril 1700)

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IÏTAT DE LA IthI.H, 10.N .

des dépenses de Louis XVI prouvait beaucoup d’économie de sa part.

Mais l’assemblée répara aussitôt cette inutile fantaisie de pouvoir, ens'occupant de l'emploi des dons patriotiques , qui arrivaient toujours enfoule : elle les destina au paiement des petites rentes de l'état. Elle incor-pora étroitement les colonies à la métropole; elle prescrivit l'usage deslettres de cachet, de sinistre mémoire ; elle fit disparaître l'impôt de la gabelleet vota la réforme complète de l’ordre judiciaire. Relativement au clergé,après avoir déclaré que ses dettes élaient nationales, elle traita la fameusequestion de savoir si la religion calholique serait proclamée religion domi-nante de l'état, comme l’avait proposé dom Gerle , ci-devant Chartreux. Lesdébats furent longs et animés; les protestants et les Jansénistes tenaientfort à ce qu’on rejetât ce système. L’assemblée ne se prononça pas , et re-connut simplement la liberté de conscience. Au reste, son silence apparentcache une pensée bien explicite : douter sur une paruille question , c'élaitplus qu’adopter la négative*.

Dans Paris , néanmoins, les idées de religion ne semblaient se départir enrien de leur rigorisme.au contraire. Le temps du carnaval était venu. Lamunicipalilé défendit de se déguiser, ou de donner un bal masqué, soit public,soit privé, sous des peines très-sévères. Les corps politiques et judiciairesse rendirent à toutes les cérémonies du carême, et les théâtres interrom-pirent leurs représentations pendant la quinzaine de Pâques **. Malgré cela,la tiédeur religieuse était extrême au fond des cœurs; et il ne faisait plusbon aller par les rues, revêtu de la soutane, et coiffé du bonnet ecclésiasti-que, sans risquer d'être insullé et appelé calolin; ce qui engagea l'abbéMaury, athlète vigoureux d'esprit et de corps , à porter souvent des pis-tolets à sa ceinture ***. Le mercredi des cendres n’enterra donc que lesacerdoce, ainsique le prétendit une caricature, dans laquelle le Temps,armé de sa faux, imposait les cendres au clergé, et lui disait: « Vousn'êtes que poussière, vous ne valez rien, et vous allez retourner en pous-sière****.» Les jours gras donnèrent aussi naissance à une brochure inti-tulée : le Carnaval politique de 1790 *****.

Voici venir le triomphe du philosophisme. Une souscription est ouvertepour élever un monument funéraire à J.-J. Rousseau , le flambeau de l'hu-manité. La suppression des cloches est déjà proposée par quelques membresde l’assemblée nationale, et un arlisle de Paris demande que celles desabbayes et des monastères soient fondues pour ériger une statue à

* Moniteur universel, passim ,

■* Journal de Paris, aux programmes des spectacles.

*** Histoire parlementaire de la révolution française, par P>uchez et I\oui.

*'** Carions d'estampes de la Biblolhèque royale.

. Cabmcl et bibliographie de M. Deschiens, avocat, a Versailles .