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Tome premier.
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FÊTE POPt'I.AIRK.

(juillel 1T90:

Les bravos, les cris recommencèrent, et furent suivis d’un second TeDeum.

Les fédérés se retirèrent en bon ordre.

Encore un serment de prêté— le même jour, à la même heure — dansles 44,000 municipalités de France !

La fête offrit ensuite un aspect populaire. On illumina; puis, un con-cert fut donné par le duc d’Orléans dans le cirque du Palais-Royal , avecun drame de circonstance ; puis, il se fit des joutes sur l’eau et on tira unfeu d'artifice ; puis, le peuple alla offrir un bouquet à la statue de Henri IV,sur laquelle cette inscription avait été placée : II eut l’amour du peuple ;Louis XVI est son héritier. Une ascension d’aérostat tricolore eut lieu dansle Champ de Mars; un bal fut organisé dans la halle au blé et sur la placede la Bastille . Sur les ruines de la vieille forteresse s’élevaient des arcadesde feuillage. Il était difficile de rien voir de plus animé. On dansait à laclarté des verres de couleur, selon l’avis fameux de Bailly. A côté, untransparent de la boutique d’un confiseur attirait les regards des passantsqui lisaient :

Vive le roi,

Ma femme et moi,Pourvu qu’il soitDe bonne foi.

La situation véritable des esprits apparaît dans ce quatrain. Une crainteinvolontaire traverse la joie des Parisiens , comme la pluie avait obscurciparfois les rayons de soleil qui éclairaient la fête.

Quoi qu’il en soit, les fédérés restèrent plusieurs jours dans la capitale,et reçurent tous les honneurs. Ils montaient la garde aux Tuileries . Ilsétaient applaudis dans les promenades, au théâtre, dans les rues, seuls ouen famille. Les fêles, les bals, les banquets se succédèrent; et là, les pre-mières places revenaient de droit aux fédérés.

L’Opéra jouait extraordinairement à leur intention* ; la plupart des éta-blissements publics étaient ouverts tous les jours; M. Molhier (Lafayelle)se fatiguait à les passer en revue; les différents districts se les arrachaientles uns après les autres, et les régalaient.. A la Muette, on dressa une tablede vingt-deux mille couverts. Une modiste du Palais-Royal vendit des uni-formes de fédérées; les lableliers fabriquèrent des écentails à la fédération;

* Journal de Paris, chaque uumcro reuferinc quelque avis sur ce point.