AFFAIRE DE NANCY.
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(septembre 1790)
insulté chez le Suisse du Luxembourg , par Naudet et Dessessarts, comé-diens du théâtre de la Nation. Il refusa de se battre en duel*; avec raisou,car pour peu que les affaires eussent continué à marcher de ce train, laquestion politique n'eût plus accepté pour juge que l’épée.
Pour atteindre le but qu’ils s étaient assigné — de jeter des germes d'in-discipline dans l’armée, — les contre-révolutionnaires lancèrent une massede pamphlets et de libelles, prêchant des doctrines opposées , mais tendanttous à relever le soldat de la soumission due aux officiers. Ces manoeu-vres amenèrent de prompts résultats. A Nancy et à Metz , l'insubordinationéclata parmi les troupes de Mestre-de-Camp, du régiment du roi, et parmiles Suisses de Chàleau-Vieux. Les soldats , irrités contre leurs chefs enne-mis avoués de la révolution, se mêlèrent aux ouvriers mécontents de leursituation, s’emparèrent des drapeaux et des caisses, et emprisonnèrent unbon nombre de leurs officiers. Il s'ensuivit un combat qui coûta la vie àonze cents hommes Le général Malseigne et le marquis de Bouillé condui-sirent cette affaire. Bouillé, universellement mal vu en France , ne s'attiraque de nouvelles haines par ce coup d’éclat. Paris trouva amère celte vic-toire remportée par des Français sur des Français , et les esprits furent di-visés pour savoir de quel côté était le bon droit. Il y avait à redouter unmouvement : parmi les Parisiens , les uns voulaient aller se plaindre à Sain UCloud; les autres se rendirent aux Tuileries , sur la terrasse dite des Feuil-lants pour demander le renvoi des ministres. Ils s’étaient faufilés dans lafoule attirée par le transport d’un modèle de la Bastille en pierre, sorti deschantiers de Palloy , et que celui-ci voulait présenter à l'Assemblée**. Lagarde nationale parisienne et la municipalité approuvèrent la conduite dumarquis de Bouillé, fort décriée par les journalistes et les clubistes. Maistout le monde fut d’accord pour louer l’héroïsme du jeune Uesilles, officierdu régiment du roi. Il s’était placé, pendant le plus chaud moment de l’ac-tion, devant la bouche d'un canon, en criant aux révoltés : « Tirez, mal-heureux, qui voulez votre perte et celle de vos frères. » Regardons cettebelle action comme le présage de toutes celles qui se produiront mille etmille fois pendant les années suivantes, et que nous serons toujours heu-reux et fiers de raconter.
Desilles mourut. Plusieurs pièces de théâtre furent représentées en sonhonneur; une d’elles était intitulée le Nouveau d'Astas.
La guerre civile a éclaté. Dans les Cévennes, il s’est formé un noyaucontre-révolutionnaire. Sous prétexte de fédération, trente mille hommesse sont assemblés dans les plaines de Jalès, et ont juré de marcher sur
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