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Tome premier.
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120 querelle reLigieüse . (décembre 1790)

et au roi, et de maintenir la constitution civile, sous peine d'étre remplacésdans leurs évéchés ou dans leurs cures.

Cazalès avait parlé de toutes ses forces contre le décret. Inutiles discours!mais, dans sa péroraison, il annonça des vérités qu’il faut citer ici. Leserment ecclésiastique est décrété. « Alors, avait-il dit, le schisme est in-troduit, les querelles de religion commencent; alors les peuples douterontde la validité des sacrements ; ils craindront de voir fuir devant eux cettereligion sublime qui, saisissant l'homme dès le berceau et le suivant jusqu’àla mort, lui offre des consolations touchantes dans toutes les circonstancesde la vie : alors les victimes se multiplieront, le royaume sera divisé; vousverrez les catholiques, errants sur la surface de l’Empire , suivre dans lescavernes, dans les déserts, leurs ministres persécutés; vous les verrez danstout le royaume réduits à cet état de misère et de persécution dans lequelles protestants avaient été plongés par la révocation de l'édit de Nantes *. »

Alors, en effet, les prêtées se divisèrent en deux camps opposés. Ceuxqui prêtèrent le serment furent appelés les assermentés ou sermentaires parle pubiic, prêtres jtireurs et intrus, par les abbés qui s’y refusaient et quel'on qualifia des noms de prêtres réfractaires, rebelles, insoumis, insermentés **.La persécution contre ces derniers devint chose avouée et comme toutenaturelle; la presse et le dessin en firent presque une affaire de mode.Les soutiens de la constitution dirent aux insermentés

Au milieu de l’éclat le plus pur,

Tu restes dans le clair-obscur.

Et ils indiquèrent ce moyen de les amener à prêter le tant redouté ser-ment. « Une gravure représente un prêtre en chaire; une corde, mue parune poulie, et tirée par des patriotes, lui fait lever les bras. » Dans d’autresestampes, les réfractaires et les noirs avaient des serpents dans la bouche,et le peuple disait : qui se ressemble s'assemble.

Un décret qui accorde des secours pécuniaires aux vainqueurs de laBastille et à leurs veuves ; un autre décret qui commande une statue pourl’auteur d’Emile, et qui ajoute que sa veuve sera nourrie aux frais del’état; un autre qui change la maréchaussée en gendarmerie ; et enfin l’ac-ceptation pure et simple de la constitution civile par le roi—nous condui-sent jusqu’à Tannée 1794. Mais il faut remarquer, à propos des deuxpremiers décrets, que Ton récompensait les hommes du 14 juillet, aumoment où l’Ami du peuple en accusait un grand nombre d’être mou-

’ Discours de'iCasalis. Séance du 27 novembre 1790 .

*" Estai historique sur la révolution française, par Paganel,