(année 1790) personnalités. 126
Pour les uns, — c’élait leur portrait; pour les autres, — c’était leurcharge.
Au point où nous en sommes commence l’histoire des modérés pendant larévolution, histoire comique d'abord, puis sanglante.
La littérature devenait toute politique. Son chef de file, l’Académie,passait pour être aristocrate, bien qu’elle eût donné en sujet de concours,pour le prix d’éloquence, l’éloge de J.-J. Rousseau *.
Le plus souvent, les poètes se contentaient de faire des épigrammes, desacrostiches, des madrigaux, ou de chansonner les hommes mis au ban del’opinion publique. Lebrun, par exemple, avait proposé un jour celte énigmesur l'abbé Maury, dans le journal la Bouche d'or :
L’abbé.... n’est point un impudent.
L’abbé.... n’a point l'air d’un pédant. .
L’abbé.... n’est point homme d'intrigue.
L'abbé.... n’aime l’or ni la brigue.
L’abbé.... n'est point un envieux.
L'abbé.... n’est point un ennuyeux.
L’abbé.... n’est point un mauvais prêtre.
L’abbé.... n’est cauteleux ni traître.
L'abbé.du mal n'a jamais ri.
Dieu soit en aideau bon abbé....
Cela dégénérait en personnalités. Il fut répondu à Lebrun :
Le poëte.... n’est jamais médisant.
Le poëte.... est quelquefois plaisant.
Le poëte.... fut aimé de Calonne.
Le poëte.... servit sa passion.
Le poëte.... chante celui qui donne.
Le poëte.... eut une pension.
Le poëte.... change à gré de doctrine.
Le poëte.... sait parler en tribun.
Le poëte.... aujourd’hui jacobine.
Que Camus soit en aide au poëte Le....
Nous citons quelques exemples entre mille autres. Le parli monarchie»avait, au reste, plus que ses adversaires, l’esprit d’invectives et de bons