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Tome premier.
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REFUS DE SERMENT

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(janvier 4791 )

dans un morne désespoir ; leur position se faisait de plus en plus triste etfausse; la royauté se démembrait. Il y avait alors deux seuls véritablesrois en France : c’étaient Rousseau et Voltaire , auxquels on dressait desstatues, qui apparaissaient comme les flambeaux de la nation; que l’onaccouplait dans les estampes, sur les médailles, sur les almanachs, sur lesétoffes, sur les meubles, eux dont les principe* avaient été si opposés deleur vivant !

Dans la cause révolutionnaire, le malicieux Voltaire ne représente-t-ilpas l’idée de destruction, et Rousseau le rêveur la pensée d’organisa-tion?

La presse distribua, elle aussi, ses dragées. Les Révolutions de Parispublièrent un article intitulé : les Etrennes au roi, article rude et sévèrepar le fond, article insolent par la forme, où nous soulignons cette phrase :

« Louis , tu as cessé d'être l'oint du Seigneur, pour devenir le fils aîné de la» patrie » — en d’autres termes : Louis, au droit divin succède la souverai-neté du peuple. Marat donna des Etrennes à Bailly et à Motier (Lafayelle).il les traita de scélérats , sans périphrase. Il avait déjà fait scandale enpubliant la liste de leurs mouchards , reconnue à peu près exacte , aprèsvérification. Le bruit courut bientôt que la tête de Marat avait été mise àprix.

A l’Assemblée nationale, le même jour, l’abbé Grégoire porta la paroleIl engagea les ecclésiastiques, ses collègues, à prêter le serment pour laconstitution civile du clergé. Avec cette motion, les séances de l’année 1794s’ouvrirent par un violent orage. Des gens rassemblés autour du Manège,crièrent : à la lanterne ceux qui refuseront l Dès le samedi, 8 , des commis-sions, composées d’un officier municipal et de doux notables membres duconseil-général, se rendirent dans les différentes paroisses de Paris pourrecevoir légalement des sermens ecclésiastiques *. Néanmoins, peu deprêtres s’exécutèrent : les opposants motivaient leur refus en alléguant ladésapprobation du pape. Il fallut donc se hâter de les remplacer. Le 18,une vive discussion s’organisa au sein de l’Assemblée. Cazalès, Maury,d’Espréménil, se récrièrent bien fort contre le serment; Mirabeau, Barnave ,Gouttes, et Beaumetz, leur ripostèrent. Les nominations successives del’abbé Grégoire et de Mirabeau à la présidence, indiquent assez à quelcôté appartint la victoire. Mais, malgré cet état de la question, les plaintesdes insermentés se renouvelèrent avec plus d'insistance qu’en novembredernier. Les journaux qui les soutenaient les engagèrent à persévérerdans leur refus et à protester contre les intrus. Un d'eux imprima cetteadresse aux paroissiens de St-Sulpicc, où l’on venait de nommer un curé

* Journal de Paris, janvier 17 at.