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JOURNÉES DU 16 ET DU 17.
.avril 17111)
El qu’une bulle apostoliqueN’est qu’une bulle de savon
Barnave et les deux Lameth se partagèrent la succession de Mirabeau ,qui, peu de temps auparavant, les avait surnommés le trium-gneusat. Cestrois députés devaient, comme lui, prendre la voie des transactions avecla cour. Ils suivaient encore cependant leur système révolutionnaire, etlivraient assez fréquemment de rudes assauts au parti des nobles. Letrium-gueusat continua la liste des déserteurs de la cause populaire; et ladéfection de Barnave , en particulier, fut due indirectement à la constitutioncivile du clergé.
Or, chacun a pu comprendre quelles craintes inspiraient les approchesdu temps de Pâques . Les consciences auxquelles répugnait l’assistance d’unprêtre intrus le considérèrent comme une époque d’intolérable persécu-tion*. Louis XVI étaitdu nombre. Il ne s’était entouré, avec toute sa famille,que d’abbés réfractaires,sans écouter les voix qui s’élevaient pour l’instruire,et qui lui donnaient hautement ces conseils : « Sire, les prêtres vous disent ;hors l’église, point de salut. Les vrais patriotes peuvent et doivent s’écrierde même : hors la constitution point de salut**. » Au château, les insermen.tés seuls étaient reçus; la reine n’avait plus pour confesseur, comme d’ordi-naire, le curé de Saint-Eustaclie, parce qu’il était un des curés constitution-nels. Dans Paris , au contraire, ils n’obtinrent permission de dire la messeque dans l’église des Théatins. Et encore, le 16, un dimanche, le peuple lespoursuivit avec acharnement, line jeune fille fut fouettée sur les marchesdel’église, et les Jacobins attachèrent sur la porle deux balais en sautoir*",avec une inscription annonçant le châtiment suspendu sur la tête de toutepersonne qui entrerait: avis aux dévotes aristocrates; médecine purgativedistribuée gratis. Bailly fit retirer l'inscription, mais elle fut réintégréeavec ces mots ajoutés : Oté par ordre de M. Bailly, replacé par celui des ci-toyens. El l’attroupement continua jusqu’à six heures du soir****. Cet actetyrannique avait été, dit-on, médité et conseillé au peuple par un curéconstitutionnel de Paris *****.
Conformément au vœu de sa conscience, le roi se décida à partir pourSaint-Cloud le lundi de la semaine sainte. Il y allait faire ses dévotions,parce que l’évêque de Clermont lui avait conseillé de s’abstenir delà com-