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Tome premier.
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DE LA GUERRE.

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(Année 1791.)

Tel était le peuple à la lin de 1791. Il s'efforcait, en outre, de parer lemieux possible aux chances de la guerre, qui allait bien certainement com-mencer avec la saison prochaine. Nous allons donc examiner les forces res-pectives de l’armée française et des armées coalisées.

Alors la France n’avait que 200,000 hommes de troupes environ, bienéquipés, mais assez mal commandés, à opposer à plus de 500,000 Prussiens,Autrichiens, Hollandais, Espagnols, Napolitains , Hessois, Hanovriens, etc.Nos soldats avaient heureusement la conviction de la bonté de leur cause;ceux des coalisés obéissaient strictement à leurs maîtres, et allaient se battreavec courage pour repousser ce qu’on leur disait être le mal français . La luttene pouvait manquer d’étre opiniâtre, et c’est précisément ce qui la renditsublime chez nous, parce que l’héroïsme naît du danger le plus terrible,comme le feu du caillou le plus dur.

Les contre-révolutionnaires le sentaient si bien, qu’ils employèrent tousles moyens possibles pour faire disgracier le ministre Narbonne , qu’ils sur-nommaient le ministre Linotte, et M. de Grave, qu’ils prétendirent plustard avoir été tiré d’un tas de fumier par les Jacobins.

Narbonne avait — malheureusement pour eux — triplé par son activitéles ressources de la France , et sa retraite prématurée ne devait pas remédierau désenchantement qu’ils éprouvaient à cause de cela, en jetant les regardssur l’avenir.

Avant d’entreprendre l’histoire de l’année 1792, dont le retentissement aété si fameux dans tout le monde, n’oublions pas de disposer nos plans pourl’avenir. Nous avons une chose héroïque et géante à ajouter à tant de chosesmagnifiques et mémorables, — la guerre de la révolution, c’est-à-dire le com-bat à cause du principe, la lance à coté de la constitution. Vous savez ce quel’assemblée a répondu aux rois de l’Europe : « Si vous nous envoyez la guerre,nous vous renverrons la liberté. » Rien de plus vrai, rien de plus juste, riende plus intelligible. Avec la guerre, la liberté sortira de la France , son taber-nacle et sa patrie. Elle volera chez les peuples voisins sur les ailes fou-droyantes de nos légions, elle résidera chez eux, se fera des prosélytes, etjettera parmi eux les semences des révolutions.

On comprend que, dans cette histoire, il nous est interdit ou plutôt impos-sible de suivre les mouvements stratégiques de nos armées. Leur simplenarration exigerait des volumes. Ce que nous devons examiner, nous, d’aprèsle point de vue où nous nous sommes placé, ce sont les résultats des succès oudes défaites, à l’intérieur; ce sont les enthousiasmes produits par les pre-miers; ce sont les redoublements d’énergie quand le sort des armes aété contraire au vœu des Français . Chaque grande victoire amènera unetete populaire, comme cela se passait en Grèce et à Rome : les lauriers