(Août 1792.)
LA TRANQUILLITÉ REVIENT.
223
La commune, ne s’opposant en rien à ces actes de dcslruction, ordonnasimplement quetousles bronzes des statues ou des églises, descrucifix même,seraient [tris et convertis en canons, et tous les fers de grilles en piques ci-toyennes. C’est alors que les derniers vestigesdu gouvernement monarchiquecommencèrent à disparaître totalement. Plus de bon roi Henri IV , ni deLouis XII, père du peuple ! Tous les ci-devants rois de France étaient con-fondus dans la seule et même dénomination de tyrans. La nation avait été ty-rannisée pendant douze siècles. Le procureur-syndic de l’IIêtel de Ville pro-posa de remplacer le cheval de bronze qui était au-dessus de la porte de lamaison commune, et d’v faire graver en lettres d’or cette inscription :
Obéissez au peuple, écoutez ses décrets :
Il fut des citoyens, avant qu’il fut des maîtres.
Nous rentrons dans les droits qu’ont perdus nos ancêtres.
Le peuple par les rois fut longtemps abusé :
Il s’est lassé du sceptre, et le sceptre est brisé * ** .
LE 10 AOUT 1792 j l’an tV DE LA LIBERTÉ ET I DE L ÉGALITÉ.
De plus, à la place de la statue de Louis XIV , on résolut d'élever une pyra-mide, sur laquelle seraient gravés les noms des citoyens morts à l'attaque dosTuileries .
Cependant la commune elle-même craignait que l’agitation du peuple ne seprolongeât longtemps, et, pour l’engager à rester tranquille dans sa demeure,elle lui adressa cette proclamation :
« Peuple souverain , suspends ta vengeance; la justice endormie reprendraaujourd’hui ses droits ; tous les coupables vont périr sur l’échafaud. »
La garde nationale fut immédiatement organisée en quarante-huit sections,avec de l’artillerie et des piquiers, pour servir aux retranchements.
La proclamation de l’Ilôtel-de-Ville fit son effet. Dès le dimanche , 12, lesboutiques et les barrières se rouvrirent, l'ordre parut rétabli, les rues devin-rent assez tranquilles; il n’y eut de trouble qu’une petite expédition contreles journaux monarchiques que l'on brûla. Quelques jours après, les théâtresfurent rendus au public. L’opéra annonça pour son ouverture une représenta-tion au bénéfice « des veuves et orphelins des braves citoyens qui avaient péridans la journée du 10 août. « L’exemple fut suivi par les théâtres italien,français et de la rue Feydeau.
C’est alors qu’on s’habitua à entonner dans les théâtres des refrains patrio-tiques, entre autres la Marseillaise ",
D’après le projet d’inscription que nous venons de rapporter ci-dessus, nousvoyons que le 10 août a fait éclore le règne, l’ère de l’égalité, comme la prise