ü28 i/assejiiji.ke i.ix.isi.ative. Août 1792.)
Le lecteur s'apercevra de l’immense différence qui existeentre les constituantset les légifères.
Et d'abord, il est un point historique sur lequel on ne saurait trop s’ap-pesantir, c’est la faute qu’ont commise, — par excès de modestie, ou par dé-couragement des affaires publiques, — les membres de l’assemblée nationale.Cette faute consiste dans la non-réélection des constituants pour la secondelégislature. Il y a en politique un apprentissage à faire. A l’ouverture desÉtats-Généraux, notamment, les hommes du tiers-état étaient appelés enréalité pour la première fois à s’occuper des affaires du pays.
Deux années durant, les constituants étaient entrés assez avant dans lesdétails du gouvernement et de l’administration ; ils avaient sondé les secretsdu passé, ils avaient vu de leurs propres yeux les plaies du corps social,et ils avaient cherché à profiter des premiers, et à fermer les autres. Pourceux d’entre eux qui trouvaient trop lourd le fardeau de la députation, lerepos eût été nécessaire ; mais il en était qui avaient de l’expérience, et en-core de l’énergie et de la bonne volonté. Interdire à ceux-ci l’entrée de l’as-semblée législative, c’était priver la France de leurs talents , de leurs lumiè-res; c’était, en outre, établir forcément une ligne de démarcation entre lesconstituants et les légifères ; soulever des haines entre eux, comme cela est ar-rivé ; changer brusquement, en un mot, la manœuvre du navire gouverne-mental.
L’assemblée législative est bien loin d’avoir atteint, dans les annales del’histoire, la place qu’y occupe l’assemblée nationale. Influencée, ainsi quenous l’avons dit, par les journalistes , et plus préoccupée encore des chosesdu dehors , que ne l’avait été sa devancière, elle ne sut pas conserver la di-gnité, ni son libre arbitre. La plupart de ses décrets lui ont été arrachés parune force étrangère, plutôt qu’inspirés par la ferme volonté d’étre utile aupays. Elle a rendu plusieurs lois remarquables , mais elle ne s’est pas assezisolée du mouvement des partis. Aussi, vers les dernières séances, s’est-elle trouvée complètement effacée et désarmée devant la commune.
Dans ses rapports avec Louis XVI , elle n’eut aucun laisser-aller : sa po-litesse tenait le milieu entre la courtisanerie des parlements, et la dignefranchise de l’assemblée constituante.
Ses séances furent moins orageuses, sans doute, que celles de l’assembléeconstituante ; mais elles furent en revanche plus désordonnées , moins rem-plies et moins fécondes en résultats. A tout instant, des députations de sec-tions ou de clubs venaient les interrompre.
Les membres n’étaient en aucune façon liés d’amitié ; ils avaient peu derespect les uns pour les autres, et se traitaient assez cavalièrement, sinongrossièrement. Avec si peu de bonne harmonie, il est difficile qu’une assem-blée puisse accomplir de grandes choses.
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