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Tome premier.
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DEGEL DE LA NATION.

(Août 1792.)

son succès et de son importance, qu’en raison de la multiplicité des allu-sions renfermées dans le sujet.

Le Dégel de la nation , c’est d’abord, généralement parlant, la chute dusystème de gouvernement tel que 1 ont voulu les patriotes ; c’est l’anéantis-sement complet de leur œuvre.

« Les sans-culottes, dit le texte de la gravure, ont élevé la statue de laNation sur des immondices pétrifiées par l’air... » Ces immondices, dans lestyle figuré, ne sont autres que leurs ouvrages, leurs journaux, leurs décrets,leurs brochures.

Mais voici que l’air « en se radoucissant, fait fondre la statue. » Ce quiveut dire, que la théorie jacobite a d’abord eu grande vogue, grâce aux ef-forts des malveillants pour la colporter et l’expliquer aux masses; qu’ensuite,le peuple a compris l’étendue de ses devoirs, et que ses clameurs sont devenuesde moins en moins menaçantes. Ce n’est pas tout; patience, patience ! Lesjacobins, désespérés, font aller leurs soufflets, afin de refroidir l’air et d’em-pécher le dégel. Ce que voyant, « le soleil royal — décoré de ses trois fleursde lis — rend inutiles leurs efforts. » Ses rayons ont plus de puissance queleurs soufflets. Enfin, « des charretiers de Louis XVI , jettent pêle-mêle dansle tombereau, feuillants , jacobins et autres. » Tous ces hommes ont en effetconcouru à l’édification de la statue , et la royauté accorde ainsi à chacund’eux la récompense qu’il mérite.

C’est un Prudhomms, le rédacteur des Révolutions de Paris, journaljacobin ;

C’est un Barnave qui, malgré ses retours à la monarchie , n’en est pasmoins regardé comme un des fauteurs les plus actifs de la révolution ;

C’est un Manuel, le même qui a osé écrire à Louis XVI : « Sire, je n’aimepas les rois ;

C’est l’évêque constitutionnel de Caen , Fauchet , l’ancien procureur géné-ral de la vérité, l’un des boute-en-train du clergé assermenté;

C’est Brissot , le fédéraliste, le rédacteur du journal le Patriote français ;

C’est Gorsas , le journaliste, renversé demi-mort par des débris de lastatue;

C’est Janot Desmoulins, — nous disons Camille Desmoulins , — le mor-dantfcpubliciste, Y ex-procureur général de la lanterne qu’il casse en tombantdessus ;

C’est Carra, l’auteur des Annales patriotiques , un des plus chauds révo-lutionnaires ;

Enfin c’est Audouin, le brave patriote, l'un des plus fermes soutiens duparti jacobin.

Au fond, un courrier part au galop en disant : « Je vais rendre mescomptes à Metz . » Son cheval est censé dire, lui aussi : «Mon maître n’é-tait pas assez grave. »