Band 
Tome premier.
Seite
250
JPEG-Download
 

250

dénonciations. (Octobre 1792.)

que *. C’est à peu de chose près un sans-culotte , car les vêtements qui lecouvrent sont communs et déchirés. On peut considérer ce type comme unepersonnification delà fête civique, dont le double but, suivi de l’effet voulu ,était d’opérer une fraternisation entre les divers peuples de l’Europe . Le, porte-drapeau est en sabots , il a la pipe à la bouche , et demande la liberté ou la mort.

Les sans-culottes commencèrent alors à porter des décorations. En voiciune en cuivre , et fort rare.

Ils allaient, ainsi distingués, aux clubs , aux séances de la Convention , àcelles de la municipalité, devenues publiques depuis quelque temps**, etdans les promenades de Paris .

Ils étaient les bons amis de Marat et de Robespierre , et n’avaient rien tantà cœur que de renverser la cabale Roland, c'est-à-dire le parti de la Gironde .Aussi ils eurent bientôt l’occasion de se remuer, à cause de nouvelles dénon-ciations contre l’ incorruptible et contre l’ami du peuple. Ils en voulaient àRoland , ministre, de ce qu’il avait tracé de Paris le tableau suivant : « Dépar-tement sage, mais peu puissant ; commune active et despote ; peuple excel-lent, mais dont une partie saine est intimidée ou contrainte, tandis quel’autre est travaillée par les flatteurs et enflammée par la calomnie ; confu-sion des pouvoirs, abus et mépris des autorités, force publique faible ou nullepar un mauvais commandement, voilà Paris ***. » Quanta Marat, le décretd’accusation lancé contre lui roula sur ce qu’il avait dit qu’il fallait abattre enFrance deux cent soixante-dix mille têtes. Le 23, il engagea les ouvriers àmarcher sur la convention ; le même jour, un orateur, dans le Palais-Égalité ,s’écria : « Rassemblons-nous trois ou quatre cents hommes, et fondons surla convention. »

* Celte gravure est tirée du cabinet de M. Maurin.

* * Depuis le 23 septembre dernier.

*** Rapport de Roland, sur lasituatinn de Paris , lu à la Convention.