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Année 179-2.
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lité comme l’arrêt de mort de ce prince, et pour Mirabeau un jugementposthume. 11 s’y trouvait des preuves de la corruption de ce dernier, mainte-nue jusqu’alors à l’état de simple soupçon. C’en est fait de la mémoire deMirabeau; il apparaît comme un traître. «O Mirabeau! que tes statuessoient brisées ! que ton tombeau soit détruit ! que tes mânes coupables soientexilés pour toujours du Panthéon français qu’ils ont souillé'.» Voilà quelest à présent le langage de tout le peuple de Paris sur le compte du grandorateur, de celui qu’on a , quinze mois auparavant, enterré avec de si magni-fiques honneurs ! C’était un traître ! Que penser d’un homme qui s’est vendupour de l’or ! Quelle estime avoir pour un amant qui a vendu sa maîtresse '* ** !Est-ce un patriote, celui qui a joué sur une somme d’argent l’avenir de larévolution !
Le buste de Mirabeau ne tarda pas à être retiré de la salle des séances dela Convention. On brisa l’écriteau qui avait fait de la rue qu’il habitait, larue Mirabeau-le-Palriole. En un mot, une réaction complète s’opéra à sonégard, et si les hommes justes lui reconnurent toujours le talent de grand ora-teur, ils lui refusèrent, dès ce moment, le litre plus beau encore de grand citoyen.
l’ne gravure représenta l’ombre de Mirabeau sortant de l’armoire de fer.C’est un squelette avec la tête vivante du célèbre orateur. Il tient dans lamain droite une bourse pleine d’or, et il appuie sa main gauche sur la cou-ronne de France . Il est assis sur un monceau de registres , de lettres, de cir-culaires, d’assignats, de bons sur la cassette particulière. Roland est étonnéde cette apparition.
Au-dessus de l’armoire, on a placé le portrait de Louis XVI . Dans cer-taines gravures, la tète de Louis XVI a un corps de serpent.
Cette gravure n’eut vogue dans le public que dans les premiers jours del’année 1793. C’est là qu’il faut la placer. Nous reviendrons sur la décou-verte de l’armoire de fer quand nous décrirons le procès de Louis XA T I, quenous allons faire précéder d'un coup d’oeil rétrospectif jeté sur 1792, sur lapremière année de l’égalité.
Les mots de monsieur et de madame sont remplacés, cette fois rigoureuse-ment, par ceux de citoyen et de citoyenne. Le tutoiement devient chose re-çue. L’expression de sans-culottes est appliquée à tout, et l’on parle sanscesse des sans-culottes, et l’on s’occupe d’eux. Plusieurs, nous l’avons dit,portaient une décoration. Mille gravures les représentaient sous di\erses for-mes; l’une d’elles retraçait l’Amour sans-culotte. Nous la reproduisons,comme exemple de l’exaltation du temps, où l’on alliait la politique aux au-
* almanach littéraire ou Etrennes ti' .Ipollnn , pour t 7')3.
**ll résulte do plusieurs lettres do Mirabeau , aujourd'hui en l.t possession de >!. Dchl.tndc , secrétairetle la chambre des pairs , qu’il vendit une de scs m.iitresses, pour rie I urgent, à un (•cntiliionimc qui enon était fort amoureux.