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Tome premier.
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douleurs dk u famillk ROYALE. (Année 1792.)

lui donnait la main en signe d’adieu, ainsi qu’à sa sœur, et recevait les em-brassements de ses enfants ; il allait dans sa chambre, se retirait dans son ca-binet, et y lisait jusqu’à minuit*. »

Quelques réparations avaient été jugées nécessaires pour que le roi pût logerau Temple. Ce fut le patriote Palloy qui les dirigea, avant son départ pour lesfrontières.

Le papier de l’appartement habité en second lieu par Louis XVI , repré-sentait l’intérieur d’une prison, avec un exemplaire imprimé de la déclara-tion des droits de l'homme, encadré dans une bordure aux trois couleurs '*.

Tout lui présentait un aspect désagréable. Un jour, des ouvrières ayantmarqué le linge du roi de têtes couronnées, les municipaux ordonnèrent auxprincesses de retirer les couronnes, et furent obéis. Sur une pendule de sachambre, où il y avait : Lepaute , horloger du roi, aux mots du roi, on avaitsubstitué, d’une manière très-visible, delà république'" . Sur les murs de latour où était le roi, parfois les sentinelles dessinaient des guillotines, avecces mots au-dessous : Louis crachant dans un sac, c’est-à-dire, Louis guillo-tiné ; ou bien encore, une potence à laquelle était suspendu un individu ! onlisait au bas : Louis prenant un bain d'air. On placardait en gros caractères,sur les portes et sur les murs: madame Véto la dansera ,— nous sauronsmettre le gros cochon au régime, — il faut étrangler les petits louveteaux *“’.11 entendait quelques discours affreux tenus en sa présence, et de sinistre au-gure. « Si le bourreau ne guillotinait pas cette famille, disait un jour le com-missaire Turlot, je la guillotinerais moi-même. » Et un autre jour, Louisétant venu à parler du Panthéon , à un commissaire nommé Mercereau, tail-leur de pierre de son état, lui dit : « Ne craignez-vous pas que les colonnesne s’écroulent»-? — Non, répondit Mercereau, elles sont plus solides que letrône des tyrans. Manuel appela plusieurs fois le roi Louis de la Tour.

Pour seules consolations, pendant sa captivité de cinq mois, Louis XVI entendait des crieurs qui jouaient sur la vielle, devant le Temple, les plus fa-meux airs royalistes, tels que pauvre Jacques! Henri, bon Henri, ton fils estprisonnier dans Paris ’** * **** ***** “. La commune y mit bientôt empêchement, et la fa-mille royale se trouva complètement livrée à la solitude la plus pénible, pourn’étre distraite que par de nouveaux tourments, par le bruit des massa-creurs de septembre, ou par la nouvelle de la découverte de l’armoire defer.

Chaque jour, les gardiens de cette malheureuse famille devenaient plus sé-

* Journal de ce qui s’est passé à la tour du Temple , efr.

* ’ Idem.

* * * Dernières années de Louis Xf'l, par François» Une.

**** Mémoires de Ferrières.

***** IajhÎs XI r l. par le vicomte de Faltniu