(Septembre 179!$.) jugement de i.a veuve capet.
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« 10° Ceux qui parlent avec mépris des autorités conslituées, des signesde la loi, des sociétés populaires , des défenseurs de la liberté;
« 11° Ceux qui ont signé des pétitions contre-révolutionnaires, ou fré-quenté des clubs et sociétés anti-civiques ;
« 12° Ceux qui sont reconnus pour avoir été de mauvaise foi, partisansde Lafayette, et ceux qui ont marché au pas de charge au Champ-de-Mars. »
Suivant d’autres décrets qui retirent aux galériens le bonnet rouge devenul’emblème de la liberté, et qui enjoignent aux femmes de porter la cocardetricolore , sous peine d’étre emprisonnées pendant huit jours, déclarées sus-pectes , s’il y a lieu, et incarcérées jusqu’à la paix, —décrets avant-coureursdu rapport de Saint-Just, qui, quinze jours après, déclarait que, jusqu'à lapaix, le gouvernement français était déclaré révolutionnaire.
Gouvernement révolutionnaire , armée révolutionnaire, tribunal révolu-tionnaire, tels sont les moyens employés par la montagne victorieuse, quiveut frapper de grands coups, et qui doit crouler elle-même, après les exca-vations de la plaine !
Une loi ordonne (16) que le tribunal révolutionnaire aura ses prisons par-ticulières. Les notaires et autres fonctionnaires publics (23) sont invités àverser dans les caisses nationales les dépôts d’argent qui leur sont faits. Unarrêté de la commune (25) défend de parler aux suspects détenus, et chargeles surveillants de lire leurs lettres.
Commençons les exécutions sanglantes, et la série des proscriptions parle jugement de Marie-Antoinette, veuve Capet .
Plusieurs tentatives d’évasion avaient successivement échoué. Deux hom-mes dévoués, Toulon , commissaire de la commune, et le général de Jarjayes.avaient essayé d’arracher la reine de la prison du Temple. Tous deux, l’unaprès l’autre, n’avaient pu mettre leur projet à exécution. La surveillanceexercée surles prisonniers était trop active, pour qu’on pùtréussir à la mettreen défaut. Marie-Antoinette le sentit bien, et écrivit à cet égard à M. de Jar-jayes, un billet, où elle le remerciait de son attachement, et où elle recon-naissait que toute évasion était impossible (a).
Ces tentatives avaient éveillé l’attention du gouvernement. Marie-Antoi-nette , décrétée d’accusation, parut à la barre du tribunal, et subit un inter-rogatoire qui dura deux jours. On sait quels crimes lui furent reprochés :elle avait provoqué les mesures des aristocrates, elle avait engagé Louis XVI à renier ses serments, elle avait appelé contre la France les armées étrangères;voilà pour sa conduite passée. Hébert, le substitut du procureur delà com-mune,en ajoutaun autre, pour le présent. Il accusa laveuve Capet d’outrage à lapudeur commis sur la personne de son fils, âgé de neuf ans. Marie-Antoi-nette ne répondit point d’abord après la lecture d’un tel acte d’accusation. Leprésident l’ayant de nouveau interpellée, elle prit la parole, et, avec une
(a) Non* donnons ce !»illel pnur/aojimi/e d'autographe de Mai ic-Antoinettc.