'Décembre 179$.)
FETE DES VICTOIItK*. 3,’jt
et d'un grand exemple de voir la statue du peuple français se saisissant de lapersonne d’un despote, assez imprudent que de s’en approcher, et aprèslavoir soulevé de terre, le laissant retomber dans un brasier allumé sur l'au-tel de la liberté? — Homère , ajoutait l’auteur de l’article, désignait les roisde son temps sous le titre de mangeurs de peuple. On écrirait sur le front decette figure du sans-culotte français , ces mots : LE PEUPLE MANGEUR DEROIS (a).
Selon une lettre envoyée de Commune-Affranchie à Paris (b) : « Les roisn’ont plus d’amis qu'à la potence. » Quatre mille cent trente détenus, de ceuxqu’on soupçonne être encore leurs partisans, remplissent les prisons de Paris.Le gouvernement révolutionnaire provisoire, tel que l’a entendu Saint-Just, estconstitué. Au reste, l’influence et le pouvoir de Robespierre se font de plusen plus sentir. Ses dévotes ont traduit devant le tribunal révolutionnaire, Cus-tines, le fils du général, Desbrullis, Biron, Barthélemy. Il cherche à se défairede quelques-uns de scs anciens amis politiques qui ne marchent plus dansson sens; — il va faire mettre hors la loi Chabot, Basire, Julien de Toulouse et Delaunav d’Angers . 11 excite chaque jour davantage le zèle de ceux qui lecomprennent (c). — Ainsi finit, politiquement, l’année 1793.
Le seul véritable glorieux fait d’armes, arrivé dans les derniers mois, est lareprise de Toulon par les Français ; combat où se révèle le talent militairede Bonaparte, commandant en second d’artillerie. Toulon reçut alors le nomde Port de-la-Montagne; on en rasa presque toutes les maisons, et le 30 dé-cembre, on célébra dans Paris , à cette occasion, la fête des Victoires.
La fête des Victoires! lorsque, pour la première fois, le nom de Bonaparte est cité avec éloges ! quelle coïncidence !
Cette solennité jeta dans le cœur des masses le plus ardent patriotisme. Bar-rère l’avait dit à la convention : l’année s’était constituée en victoire perma-nente, et chacun décorait les phalanges républicaines du titre allégorique d-bataillon sacré, « défendant la constitution contre tous les esclaves des tvranscoalisés. » Il semble que la France ait velléité de devenir conquérante et dene laisser l’Europe tranquille que quand elle sera libre; mais, hélas! elleoublie, au moment où elle célèbre la fête des Victoires, que, despote et con-quérant sont synonymes, et que celui qui paraîtra vouloir donner la libertéau monde, la retirera sans doute à sa patrie. Quoi qu’il en soit, assistons àcette fête dont le but est nouveau.
(ci) Au bus de l'estampe le Mangeur de rois, publiée par le journal lui-même, on lit: Statue colossaleproposée par le journal les résolutions de Pari. *, pour être placée sur les points lee plus éminents de nosfrontières.
(i») Pur le tribunal révolutionnaire de cette ville.
(c) La lettre que nous donnons pour fac-similé de l’écriture de Robespierre , en est une entre milleécrites du meme style, et peut être considérée comme modèle de toutes les missives adressées par lui àceux qui soutenaient dins les départements son système dictatorial. Ou sait que ccs différent** I.•tires ontété, pour I » plupart, rasscmbl a-s par le conventionnel Courtois.