ASSIGNATS CURIEUX.
(Année 1793.)
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tagne, Rocher-la-Montagne, Condat-la-Montagne; au lieu de Bonrg-la-Reine,on disait Bourg-Egalité; au lieu de Bourg-en-Bresse , Bourg-Régénéré; Ville-juif s'appelait Commune-Equitable; Charleville , Yédette-Républicaine; Cré-quy-le-Chatel, Commune-aux-Piques. Le voyageur pouvait parcourir lesvilles de Fontenay-le-Peuple , de Rocher-la-Cocarde,de Raison-Temple, du Mar-ché-en-famine. Quelques conspirations royalistes s’y étaient formées néan-moins, entre autres celle dite de la Régence . Plusieurs lieux s’étaient placéssous l’invocation de Marat: Marat la-Forét, dans le département de la Niè-vre , et le Doubs Marat (a).
Les assignats des provinces ne manquèrent pas d’offrir des particularités.Dans la Vendée, on en voyait avec ou sans l’effigie de Louis XVI et deLouis XVII . A Fémy (6), après la prise deïournav, il circula des assignats dequatre sous, avec ces vers en épigraphe :
Sur des assignats d'un sou, on lisait celte sentence éminemment philoso-phique :
Doit-on regretter l'or, quand on peut s’en passer?
Sur des assignats de deux liards ,’—car il en a paru d’aussi mince valeur,—était ce vers sentimental :
Ne me refuse point au mendiant qui t'implore (c).
• Contre nos ennemis, nous ne l'invoquons pas;
• Dans nos vaillantes mains est le sort des combats ;
• N’as-tu pas aux Français commandé le courage?
« Vaincre, c’est t’oltéir ; leur gloire est ton ouvrage (rf).
A Lille encore, on portait des habits patriotiques, qui se vendaient au pro-fit des pauvres. Ils étaient faits de camelot à petites lignes tricolores. • §^ TDans toute la France , les vrais républicains, ou ceux qui voulaient le pa-raître, se costumaient en carmagnole, en pantalon, et en veste de chasse. Lesplus zélés sans-culottes portaient des sabots, et pour canne un bâton noueux.
(a) Almanach de la convention nationale.
(r) Collection dcM. Gcmil-Descumps. conseiller municipal, à Lille ■ ff) Ment.