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Tome second.
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CONCILIATION.

(Août 1794.)

3i»

Ruines gens de l'aris poursuivaient partout les jacobins, dans les cafés, auxspectacles, aux promenades. Et pendant ce temps-lit, il y eut explosion de lapoudrière de la plaine de Grenelle (a), catastrophe dont on ignora toujoursles causes, et dont on pouvait avec quelque raison, accuser la queue de Ro-bespierre ; aussi, une foule de brochures parurent, ayant pour titres : Les An-neaux de la Queue, oucoup-d’œildu moment, Coupons lui la Queue, Défends taqueue, {b) et qui toutes maudissaient sans pitié les terroristes. Eh bien, laconvention se contenta, le 1 er septembre, de chasser Collot d'Herbois , liillaud-Varennes etBarrère, du comité de salut public, en ayant soin de disposerles élections à cet effet. Pour concilier toute chose, elle accorda à l’exaltationdes derniers partisans du régime dictatorial, la translation des cendres deJean Paul Marat au Panthéon , et en fit retirer les cendres de Mira-beau le traître. Les honneurs que l’on rendait alors à l’ami du peuple,n’étaient pas sincères. Aucun député cependant ne réclama. Par compensa-tion, et pour célébrer une cérémonie plus en rapport avec la réaction, ontransporta aussi les cendres de Rousseau dans ce temple des grands hom-mes, mais moins solennellement qu’on l’avait fait pour Voltaire . Ces sortesde fêtes antiques se passaient de mode. Marie-Joseph Chénier composa unhymne en l’honneur du philosophe de Genève .

Nous en extrayons cette strophe :

1rs vieillards et les mères de famille.

Toi, qui, d’Emile et de Sophie.

Dessinas les traits ingénus,

Oui, de la nature avilie,llctahlts les droits méconnus.

Éclaire nos fils et nos filles ,

Forme aux vertus leurs jeunes errur».

Et rends heureuses nos famillesPar l'amour des lois et des nucurs.

Le chœur.

O Mousseau ' modèle des sajjes .

Bienfaiteur de l'humanité,

D'un peuple fier cl libre accepte les liomma^CN.

Et, du fond du tombeau, soutiens l égalité [e).

Trois mois plus tôt, une telle fête eût inspiré à Chénier d'autres vers queceux-là. Mais il était un de ces poètes qui peuvent chanter sous toutes lespuissances, et sur tous les sujets. Chaque événement ne faisait que le tein-dre, qu'on nous pardonne cette expression. L’orage venu, la teinte du passés’en allait Chénier est le mythe poétique d’une foule d’hommes de cetteépoque, qui ont été tour à tour montagnards, thermidoriens, bonapartistes,royalistes, puis libéraux sous la restauration.

(а) Le 3 j août 1794

(б) Bibliothèque de M. Pixerécourt.

(e) Fcte célébrée dans le courant du mois d’octobre