GOUVEnlNEMEXT UAUOL’YISTK.
(Mai 179G.)
Le journal le Tribun du Peuple publiait des théories égalitaires, et dansdes séances occultes qui devaient aboutir certainement à un mouvementarmé, une jolie chanteuse, appelée SophieLapierre, chantait des couplets telsque celui-ci :
fcvoqtie l'ombre de* Gnuxhus,
Qu'ils te servent d'enceinte !
Tribun courageux , liâtotoi ;
Nous t'attendons : trace la loiDo l'égalité sainte (a).
Le 13 avril, une affiche collée sur les murs des maisons, contenait entreautres phrases celle-ci : Toutes les autorités établies depuis la constitution de1793, sont illégales et contn-révolutionnaires. Pendant tout ce mois, il y eutune grande agitation dans Paris ; partout se formaient des groupes, et desorateurs populaires enseignaient la fouh . Le directoire adressa un messageaux deux conseils. « Citoyens législateurs, disait le message, un horriblecomplot devait éclater demain île lOmai) dès la pointedu jour; son objet étaitde renverser la Constitution française, d’égorger le corps législatif, tous lesmembres du gouvernement, l’état-major de l’armée de l'intérieur, toutes lesautorités constituées de Paris , de livrer cette grande commune à un pillagegénéral et aux plus affreux massacres. Le directoire exécutif, informé du lieuoù les chefs de cette affreuse conspiration étaient assemblés et tenaient leurcomité de révolte, a donné des ordres pour les faire arrêter. Plusieurs d’entreeux l’ont été en effet; et c’est avec douleur que nous vous apprenons queparmi eux se trouve l’un de vos collègues, le citoyen Drouet, pris en tlagrantdélit... (b) » Le directoire demandait en outre des pouvoirs qui lui furentaccordés. On éloigna de la capitale tous les ex-conventionnels, tous les fonc-tionnaires destitués, tous les militaires sans emploi.
11 s’agissait d’une redoutable conspiration ourdie par Babeuf et ses parti-sans, qui furent arrêtés et emprisonnés à l’Abbaye, puis transférés dans latour du Temple. Voici ce qu’on découvrit à cet égard.
Par la conspiration, un directoire secret de salut public, composé de quatremembres, devait diriger les affaires, et avait sous ses ordres,—en manièred’exécuteur, un comité insurrecteur de salut public ; des agents principauxdans chacun des douze arrondissements de Paris; des agents militaires , dansl’intérieur des provinces; des agents intermédiaires, transmettant les lettreset les arrêtés du directoire, aux principaux et aux militaires, et réciproque-ment.