(Septembre 179f>.) fétu nu 1 er vendémiaire.
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La bataille de Castiglioue et la campagne dite des einij jours, qui l'avaitprécédée, achevait d'illustrer le protégé de Barras. Moreau, au contraire,avait été forcé , dans le commencement de septembre , d’employer tous sestalents militaires pour diriger une habile retraite, par laquelle il devenait lesauveur de son armée. Ce n’était là qu’un succès négatif.
Une comparaison perpétuelle s’établit entre ces deux hommes de guerre.Les vrais républicains aimaient Moreau; les tièdes et les royalistes préfé-raient Bonaparte, voyant en lui , les uns un Monck futur de la France , lesautres un heureux César.
Combien les affaires de la guerre avaient d’influence sur celles de l’inté-rieur! Nos victoires , plus encore que la constitution de l’an III, donnaientlieu à des fêtes. Celle commémorative de la fondation de la république futcélébrée avec enthousiasme. Elle fut étrange, ainsi qu’on va le voir. Lelecteur ne doit pas s’étonner de ces descriptions multipliées de fêtes natio-nales : l’époque du directoire consiste en victoires qui amènent le consul ,puis l’empereur, en fêtes qui amènent le consulat, puis l’empire.
Le I e ' vendémiaire, an V de la république ( 22 septembre 1796;, est lejour même de l’équinoxe d’automne, le moment où le soleil entre dans la ba-lance. Cela épargna des frais d’imagination aux ordonnateurs de la fête. Lacérémonie ressembla beaucoup à une leçon d’astronomie, à une expériencedu bureau de longitudes créé depuis peu de temps.
Au beau milieu du Champ-de-Mars, on vit un segment du zodiaque entoile peinte, offrant, à sa partie supérieure, le signe de la balance. Une salved’artillerie se fit entendre, et annonça l’entrée d’un char magnifique, por-tant la figure du soleil sous les traits d’Apollon , et dans des proportions co-lossales. Ce soleil de bois doré était assis , son char était trainé par douzechevaux, entouré par les Heures, suivi par les Saisons. Chaque Heure,chaque Saison avait son chariot particulier, et d’une bien moindre dimensionque le char du Soleil; elles avaient pour escorte des groupes de musiciens,des détachements de hussards, et d’autres troupes. Le cortège astronomiquefit le tour de l’arène. Une nouvelle décharge d’artillerie annonça le momentoù le char du soleil, arrivé devant le segment du zodiaque en question, ef-fectuait son passage sous le signe équinoxial. Simultanément, et sans que lespectateur, pas plus que l’historien, pùt comprendre la corrélation existanteentre les deux choses, la fiamme prenait à un monceau d’emblèmes de laroyauté, qui s’en allèrent en fumée et laissèrent voir à leur place, sur unfût de colonne, la majestueuse statue de la république, s’appuyant d’unemain sur le faisceau départemental, et de l’autre montrant la statue de laLiberté .
Après, se succédèrent des courses à pied, à cheval, et en char, celle-ciapparaissant pour la première fois (a). Franconi fil des exercices qui ohtin-
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