Année 1795.
ETAT DE I.A SOCIETE.
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craie , journal politique, in-4° ; — VEclaireur du peuple ;— Y Etoile, jour-nal du soir; — Y Impartial républicain ; — Y Invariable, avec cette épi-graphe :
l/univers |>etil changer, mon âme est inflexible;
—le journal des Fonctionnaires public* ; — 1 a Menteur , ou le journal parexcellence, avec cette épigraphe : («)
Rien n’est beau que le vrai, etc.
— le Miroir, par Beaulieu; YObservateur démocrate, ou réveil des sans-culottes, rédigé par un citoyen qui n’a pas cessé de l’être; — le Troubadour ré-publicain (b).
Mais tous ces journaux étaient bien moins lus que le Courrier de l'arméed'Italie, où l'on apprenait jour par jour les nouvelles des succès de Bona-parte . Tous les honneurs appartenaient maintenant aux généraux. Des mé-dailles retraçaient les hauts laits du héros de Millésimo ; son portrait couraitpartout, avec des'allégories. L’arméeétait applaudie par tous; et puis, la rue deRohan avait été appelée rue Marceau, en mémoire de ce brave tué sur lechamp de bataille.
Les mœurs, elles étaient toujours bien relâchées La société de madameTallien influait sur le grand monde; les muscadins avaient rendu les jeunesgens fort coquets et avides de jouissances anticipées. La galanterie passaitpour la première qualité, presque pour la première vertu d’un citoyen , ettout tenda t à développer encore cet usage. La galanterie fadasse ne devaitdisparaître que devant la raideur militaire. Pigault-Lebrun était lu avidement.Les journaux étaient remplis de petits vers aux actrices , à mademoiselleDevienne, à la citoyenne Philis , ou à l’orphée Garat. Le bal des Victimesétait toujours irès-fréquenté. Les femmes élégantes, en outre, feignaientd’ètre enceintes, pour repeupler la France ; leur toilette s’appelait demi-terme. On aimait les spectacles à grand effet, les jeux pyrotechniques deBuggiéri, dont l’annonce tenait toujours un quart de colonne au moins dujournal de Paris; on aimait les concerts d’harmonie, et les ascensions d’aé-rostat du Jardin-Boulin, et les bals du Vauxhall.
Les séances des deux Conseils étaient peu suivies par le public qui n'ytrouvait pas un assez grand attrait de curiosité. A peine s’il prêtait atten-tion aux procès politiques , aux séances du tribunal de Vendôme , jugeant lescompagnons de Babeuf ; à la commission militaire jugeant les enfants perdusde Drouet. Les actes du Directoire ne donnaient guère lieu même qu’à des
(a) Rihlio^r.iphie de M. Dcsrliiens.il Bibliollu-que <b* M I’i\t ; r<vour<