102
LE SECOND VENDEMIAIRE.
(Février 1797.
pote ou clément, selon la manière dont les vaincus se comportaient à sonégard. A Bologne , il avait déclaré que « tous les prêtres et religieux et minis-tres de la religion seraient protégés et maintenus dans leur état actuel («) : »au quartier-général de Macérata , il autorisa les prêtres réfractaires réfugiésen Italie à rester dans les états du pape conquis par l’armée française; il dé-fendit, sous les peines les plus sévères, aux soldats et aux habitants, prêtresou religieux du pays, de molester sous quelque titre que ce fût, les prêtresréfractaires; il termina en annonçant « qu’il verrait avec plaisir ce que lesévêques et autres prêtres charitables feraient pour améliorer le sort des prê-tres déportés, (b) » Cela détermina un arrêté du directoire portant qu’il pour-rait être délivré des passeports à tous les prêtres retirés en Italie .
Nonobstant ces mesures généreuses, Bonaparte avait été menacé d’un com-plot ourdi à Rome , complot qui n’eut pas de suite, et qui, corroboré par lesvictoires de l’armée française, donna matière à un traité de paix entre la ré-publique et sa sainteté Pie VI. Le pape fit les avances : il écrivit à Bonaparte pour faire cesser les hostilités, et celui-ci accepta les offres du Saint-Père,puis passa triomphalement le Tagliamenlo, et força les plénipotentiaires au-trichiens à en venir aux préliminaires de paix de Léoben . Enfin, il déclara laguerre à la république de Venise , heureusement terminée parles soins dugénéral Augereau.
Pendant ce temps-là, Hoche, à la tète de l’armée de Sambre-et-Meuse, —.Moreau , à la tête de 1 armée de Rbin-et-Moselle, passaient le Rhin , et bai-taient à plaisir les Autrichiens.
En France , un second vendémiaire avait été essayé. Une conspirationroyaliste, dirigée par la Villeurnois, Duverne dePresle, Frédéric Poly, I har-les Brottier, etc., fut découverte au commencement de février. Un comitéroyal existait à Paris , et commandait le parti avec unité et avec intelligence.On y comptait des magistrats, des savants, des militaires et des commerçants.La Villeurnois était un homme à expédients, s’appelant Etienne de son nomde guerre, commeondit; Duverne dePresle, avait exercé autrefois la profes-sion d huissier, et se faisait passer pour épicier; Frédéric Poly était un filsde l’Allemagne , dit baron de Poly, et qui prétendait être fabricant de verre;Charles Brottier, âgé de quarante-six ans , était renommé pour son zèle ,pour sa perspicacité, pour son audace.
Ils avaient reçu les instructions des princes émigrés ; ils étaient prêts àtout événement.
Le moment semblait opportun ; les conseils et le directoire ne s’enten-daient déjà plus.
Les conjurés, profitant de la triste figure des législateurs de l'an V, qui
a) l’roelamurioii du 3o janvier,(i*) lVoclumation du iS février.