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Tome second.
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1799

Les consuls publièrent cette proclamation :

« Français , une constitution vous est présentée.

'< Elle fait cesser les incertitudes (pie le gouvernement provisoire mettaitdans les relations extérieures, dans la situation intérieure et militaire de larépublique.

« Elle place dans les institutions qu’elle établit les premiers magistratsdont le dévoûtnent a paru nécessaire à son activité.

« La constitution est fondée sur les vrais principes du gouvernement re-présentatif, sur les droits sacrés de la propriété, de l’égalité, de la liberté.

« Les pouvoirs qu’elle institue seront forts et stables, tels qu’ils doiventêtre pour garantir les droits des citoyens et les intérêts de l’État.

« Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée ; elleest finie. »

La journée de Saint-*Cloud a été appelée par beaucoup de gens la journéedes dupes. Dès le lendemain, on vit bien que le général voulait être non seu-lement le bras , mais encore la tête du nouvel ordre de choses (a/. »

En effet, Sieyes et Roger-Ducos disparurent du consulat définitif, et fu-rent remplacés par Cambacérès et par Lebrun. Sieyes reçut une récompensenationale pour les services qu’il avait rendus à la patrie. Bonaparte étaitpremier consul ; les deux derniers n’avaient que voix consultative. Lui, lepremier consul, il avait les sceaux de l’État; il promulguait les lois ; il nom-mait à toutes les places, civiles, militaires, judiciaires.

Bonaparte s’empressa de s’attirer les bonnes grâces du public; du momentqu’il eut en ses mains la plus forte part de l’autorité suprême, il chercha àse rendre populaire. 11 alla visiter l’école polytechnique , il honora l’institutde sa présence ( b ), il passa de fréquentes revues, il se rendit à l’Hôtel des In-valides , il parcourut les prisons, il recevait des citoyens et des députations decorps constitués, donnait à celui-ci un éloge, à celui-là un conseil, à cet au-tre une promesse, captivait toute personne par sa supériorité incontestable ,et par son regard fascinateur. Alors, orateurs et journalistes, chacun s’éver-tua à prouver que la révolution du 18 brumaire était une époque de|régé-nération pour la France (c). Tous les clubs furent fermés, absolument tous,pour punir, notamment, les factieux de l’ex-conseil des cinq-cents qui avaientvoulu poignarder Bonaparte , heureusement protégé, disait-on, par le grena-dier Thomé. Ce dernier fut le héros de plusieurs fêtes publiques : Bona-parte n’était pas fâché de laisser le public croire au dévouement du soldat,qui faisait songer en même temps au danger qu’avait couru le général. Thomédéjeuna avec Bonaparte , embrassa l’aimable Joséphine, qui lui donna un su-

(a) iïoticc historique sur les causes qui amenèrent et produisirent la révolution des 18 et 19 brumairean VIII, par Delbrel, membre du conseil des cinq-cents , ex-conventionnel.

(è) Le 12 décembre.

(c) Le Moniteur ne fut pas un des derniers comme on pense bien.

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