170
FAUX ESPOIR DES ROYALISTES.
( 1800 .)
Le premier consul avait tout à faire. Il ne faut pas croire que les royalistesou mécontents voulussent rester muets. Le 6 janvier, il circula dans le publicune chanson sur la fête des rois, redite dans une foule de repas de famille:
Non pas celle de nos trois Sires,Oui, par leurs infernales lois,Renverseraient tous les empires ;Mais de celui qui nous permetD’offrir en commun nos hommages,El de l’adorer en secret,
Ainsi que firent les trois Mages.
/ Ils portaient de l’or, de l’encens,
De leur foi c’était le symbole;
Nous, grâce à nos représentants,N’apportons pas même une obole,Mais notre résignationProuve notre ferme crovance :
Si Bonaparte eût eu l’intention de se faire le Monck de la Fiance , connuele roi d’Angleterre lui <n avait indirectement donné le conseil, les royalistesl’eussent fêté et loué de toutes parts, en vers et en prose. Pour bien dire, ilsavaient sous ce rapport quelque espérance. C’était un leurre véritable, carBonaparte aimait le pouvoir pour lui seul.
Leur attente fut trompée; ils ne tardèrent pas à s’en apercevoir. Une dé*monstration qu’ils firent à l’occasion de l’anniversaire du 21 janvier n’obtintque les poursuites de la police. Us avaient placé un drap mortuaire flottant, develours noir croisé de satin blanc, sur le portail de l’église de la Madeleine ,et affiché le testament de Louis XVI à la porte de l'église de Saint-Jacques-la-Boucherie.
Vers le même temps parut le premier faux-dauphin Louis XVII , fils d’unhorloger [b).
Craignant les criailleries de la presse, Bonaparte avait réduit le nombredes journaux, pendant toute la durée de la guerre, au Moniteur Universel , auJournal des Débats et des Décrets , au Journal de Paris, au Bien-Informe, auPubliciste, à IM mi des Lois, à la Clef des Cabinets, au Citoyen Français , à laGazette de France , au Journal des Hommes libres, au Journal du soir, par lesfrères Chaigneau, au Journal des Défenseurs de la patrie, à La Décade philo-sophique, et aux journaux s’occupant exclusivement de sciences, d’arts, delittérature, de commerce, d'annonces et d’avis (c).
(a) .-tlmanach des mécontent* amies pour le roi dans plusieurs villes de V rance. 18o<>
(b) Journal historique de ta tvenlnlinn framaise.
(c) Arrêté du 27 nivôse.