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Tome second.
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ART GIUÎC LT ROMAIN.

( 1799 - 1800 .)

Cette littérature fade, qui ne lit que croître et embellir par la suite, etqu’on a justement flétrie sous le nom de littérature de l’empire, Bonaparte avait bien ses raisons pour la laisser dans son repos impuissant.

Le théâtre, grâce à la censure, n’avait plus aucune signification et ne fai-sait la propagande d’aucune idée. Le tragique Arnault était dévoué au pre-mier consul; Picard faisait rire; Bouilly faisait pleurer les âmes tendresavec l’.lbftc de l'Epée .

L’art était toujours grec et romain. Le républicain David était devenu ledespote de la peinture. Bonaparte cherchait à se l’attacher, il voulait bru-mairiser{a) le Raphaël des sans-culottes. C’est ainsi que les plaisants avaientsurnommé David. On avait publié ce madrigal à propos de son tableau deVEnlèvement des Sabincs :

En nous peignant, in naturalibus,

Et Talius et llomulus ,

Et de jeunes Iteautés sans fichus et sans cottes ,David ne nous apprend que ce que l'on savait -Depuis longtemps Paris le proclamaitl/C Itaphael des sans~culotles (I/).

Du moment où Bonaparte fut premier consul, il parla en maître, et on vitrenaître bien des usages en vigueur sous l’ancienne monarchie. La balance,sur les sceaux de 1 état, remplaça le niveau; agissant au nom de la gloire etde la victoire, Bonaparte avait fait détruire la statue de la liberté élevéesur la place Louis XV, pour y faire bâtir une colonne monumentale (c),

Les préfets étaient une sorte de gouverneurs de provinces Bonaparte lesconsidérait comme des « empereurs au petit pied {d) » sous ses ordres. Ilavait tous les établissements sous ses ordres. Le Mont-dc-Piété se disait au-dacieusement « établi au profit des pauvres (e). » La préfecture de police,chargée de veiller à la sûreté des Parisiens , s’occupait beaucoup plus active-ment encore de politique. Les octrois étaient municipaux et de bienfaisance.

En janvier 1800, le mot de Madame, au lieu de citoyenne, avait été intro-duit chez Bonaparte .

Les Parisiens s’adonnaient de plus en plus aux fêtes, et justement pourcela désiraient ardemment la paix. Le jardin Frascati et le jardin d’Otjny,rue Grange-Batelière, avaient été ouverts (f). « Après l’argent, dit une hro-

(a) (Ju’on nous pardonne cette expression , qui cadre avec celle de ihermidoriscr, employée sous le di-rectoire.

(b) Almanach du dix-neuvième siècle.

(c) luette colonne n'a jamais été élevée qu'en charpente, et recouverte de toile peinte.

(rfj Expression de Napoléon à Sainte-Hélène

(c) Voir Y Almanach national du temps.

(f) Précis historique sur les fetes, les spectacles., par Itnggiéii.