( 1799 - 1800 .)
MOEURS PARISIENNES.
101
churo du temps, la danse est devenue l'idole îles Parisiens. Du petit au grand,du riche au pauvre, c’est une fureur, c’est un goût universel. »
« On danse aux Carmes où l’on égorgeait, on danse aux Jésuites, au Sé-minaire Saint-Sulpice , aux Filles-Sainte-Marie, dans trois ou quatre églises,chez Ruggiéri, chez Lucquet, chez Mauduit, chez Wentzel , à l’hôtel Thélas-son, à celui du salon des ci-devant princes; on danse partout. »
Deux événements, en dehors de la politique, éveillèrent dans le peupledes sentiments divers. Lafavette, arraché des prisons d’Olmutz , était arrivépour la deuxième fois à Paris , sans que sa présence y fit la moindre sensa-tion. D’un antre côté, à la suite d’un traité entre la France et les États-Unis ,Bonaparte avait ordonné un deuil public pour l’anniversaire de la mort deWashington .
De Washington à Lafayette, — il y avait la différence d’un génie philan-thropique à un homme populaire.
Tout tenir dans sa main ; élever tel individu, anéantir tel autre, voilà quelleétait la volonté du premier consul. Pour cela, il ne se servait pas du sys-tème de corruption directe, mais, indirectement, par des moyens habiles et àlui connus, il arrivait à ôter aux populations toute admiration qu’elles pou-vaient avoir pour d’autres hommes que pour des soldats. Que les masses pris-sent de funestes habitudes, qu’elles se livrassent à des mœursdéplorables, peului importait à lui, pourvu qu’aux jours où se célébraient les fêtes des vic-toires, elles s’écriassent : Vive le premier consul! Panent et rire aises, — toilea toujours été, telle sera longtemps encore la pensée " ' 3 de l’ambitieux
lorsqu’il s’adresse aux classes infimes du peuple.
La loterie, que le directoire avait rétablie, prit donc sous le consulat unaccroissement malheureux. Les tirages étaient plus fréquents. Elle fournissaitun alimenta l’immoralité et à la misère. On voulut publier des caricaturessur cette institution, mais le ministre de la police y mit ordre. Le Vampire,que nous reproduisons, a été vendu sous la couverture (a) ; et, parmi lespièces satiriques répandues dans le public, nous ne pouvons rapporter queces quelques vers, car la police veillait attentivement sur toute chose.
L'ANCIENNE ET LA NOUVELLE LOTERIE.
Ouui, monsieur, dans voire patrieOn tire encor la loterie !
Me dit hier un étranger,
Vous ne faites donc que changer !N’était-ce pas comme immoraleOu’on avait proscrit la royale?Pourquoi retomber aujourd'hui
(a) C.ommuniquée par M. Rosq . graveur.