Band 
Tome second.
Seite
197
JPEG-Download
 

MORT SL'UITE DE P.il’L I er .

197

( 1801 .)

Le texte de la gravure la plus remarquable, parue à l’occasion de la paixde Lunéville , et qui a pour titre : 11 a tenu parole, — est tout entier à lagloire du premier consul. L’allégorie de la gravure y est d’abord expliquéeainsi : « Au-dessous d’une pyramide sous laquelle on a mis l’époque où lapaix a été conclue entre la France et l’Autriche , on voit une esquisse de labataille de Marengo. Plus bas, deux génies présentent le buste de Bona-parte , à leurs pieds on en voit un autre qui, d’une main , tient la carte del’Égypte, et de l’autre pose une palme sur des drapeaux, près desquelson voit des crinières de cheval qui servent de cravates aux Turcs. Ces tro-phées sont gardés par un chien, symbole de la fidélité. » — Un génie estcensé dire :

Un jour, au temple de mémoire,

Vous contemplerez ses rivaux,

Mais c’est en vain que dans ('histoireVous lui chercherez des éjaux.

Et au bas, on lit :

Bien moins occupé de sa gloireOue du soin de notre bonheur,f«a paix, après chaque victoire,Fut le premier vœu de son cœurPar son esprit, par sa vaillance,Tous sont éclairés ou soumis ,

11 gouverne et rend à la France Des lois, des vertus, des amis (a).

L’ivresse était universelle; on illumina soudainement, et des fêles parti-culières vinrent s’adjoindre à la fête générale. Celle de M. de Tallcyrandprocura à Bonaparte les jouissances d'un triomphe sans pareil.

Sous cette impression de la paix de Lunéville , le premier consul décidaqu’une exposition nationale de l’industrie aurait lieu dans les derniers joursde l’année républicaine, et la rente éprouva une hausse considérable.

Pitt se retira du ministère, mais la mort subite de Paul P' 1 ', empereur deBussie, et bien disposé pour la paix , fit redoubler les cris de malédiction desFrançais contre l’Angleterre. Ajoutez à cette cause de haine, les résultats dela bataille de Canope , près d’Alexandrie , où Menou fut repoussé avec les dé-bris de l’armée française qu’il commandait,par le général anglais Abercom-brie. De tous côtés , les traités vinrent donner à la France un espoir et unesécurité qui lui avaient manqué jusqu’alors. A Madrid , on en signait un quinous assurait lcduchéde Parme ;le roi desDeux-Siciles nouscédaitl’lled’Iîlbeet la principauté de Piombino (h). Enfin, à des intervalles plus ou moins rap-

(a) Cabinet de M. Mauiin.

{b) Les deux traités avec l’Esp.qjne et les Deux-Siciles furent signés le même jour, le 28 mars.