(Décembre 1803.)
IMPERATOK.
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Ce sénatus-consulte organique achevait de désorganiser la république ;reste à savoir si ce fut là un bonheur ou un malheur pour la France .
Dans quelle monarchie eût-on pu trouver plus de moyens rassemblésdans les mains d’un seul homme?Ce fut à Bonaparte qu’il appartint,—de faireroyalement l’ouverture de chaque session du corps législatif ; — de recevoirle serment des nouveaux députés ou tribuns ; — de nommer le président ducorps législatif; — de choisir les membres du grand-conseil de la légiond’honneur.
La session de l'an XII, allait réaliser tous les rêves du premier consul.La carte d’entrée des députés n’a plus aucun emblème qui rappelle, môme deloin, le régime républicain.
Bonaparte faisait tout par lui-mômc, et pour lui-môme. Le Moniteur (a)était plein d’arrôtés pris par lui, et contresignés Maret, arrêtés qui s’occu-paient des plus minces détails de l’administration.
Lui seul nommait les maires et adjoints de la ville de Paris.
Il était dans la position où se trouvait Auguste après ses triomphes; ilétait imperator, quelque chose de mixte entre généralissime et roi. Impcrator!Les mots font souvent oublier les choses.
Mais pour les yeux exercés, pourles esprits intelligents, c’était tout comme.Le Musée des Arts n’était-il pas appelé Musée Aujolcon^ Le pape n’avait-ilpas adressé au premier consul, cinq ballots et une caisse contenant des pré-sents {b) ? Tous les ambassadeurs des puissances étrangères n’étaient-ils pasautour de lui, et ne lui remettaient-ils pas respectueusement leurs lettres decréance? A chaque instant, n’arrivait-il pas à Paris des adresses congratula-trices, envoyées par les départements? Dans sa tournée à Dunkerque, à Bou-logne , à Beims, n’avait-il pas reçu partout des marques de dévouement etde reconnaissance de la part de ses sujets ? Ne possédait-il pas à Saint-Cloud sa résidence royale (c) ? N’était-il pas défendu par sa garde consulaire, ouprétorienne, ce qui est la même chose? Et encore, du moment où la querelleavec l’Angleterre s’était envenimée, n’avait-il pas créé, — partisan desprivilèges honorifiques, — des marins de la garde consulaire (</)?
Mais ne nous appesantissons pas plus longtemps sur des faits qui, dans sixmois, auront acquis un développement entier et ostensible. Craignant d'abor-der trop pleinement le côté politique de l’histoire, reportons-nous bien viteaux quelques observations qui constitueront pour nous la revue de l’annéequi vient de s’écouler.
Peu d’innovations, peu de mouvement dans la marche des idées, se font
(а) On y en trouve, en moyenne, dix par jour.
( б ) Ces présents étaient en route le 16 mai i8o3.
(<0 Le séjour du premier consul fut fixé à Saint-Cloud , à dater du 14 avril i8u3.
(rf) C’était un corps de matelots extraordinairement levés daus les ports. Il forma , en meme temps, uncorps de tjitidcs-interprvtes.