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Tome second.
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MODES.

(Année 1803.)

Colin d’IIarleville, Picard, Dupaty, Andrieux et Népomueène Lemercier,dominaient la tourbe des auteurs dramatiques, et leurs ouvrages pouvaientseuls balancer la vogue des vaudevilles de circonstance.

La foule abondait aux théâtres, qui jouaient très-fréquemment des piècesnouvelles: du 1 er germinal au 1 er vendémiaire (six mois), on comptait soixante-quatorze pièces nouvelles, deux à l’Opéra, deux aux Français , cinq à Feydeau,neuf à Louvois, quinze au Vaudeville, huit à Montansier, deux à Molière ,deux à la Cité, cinq à l’Amhigu-Comique, dix à la Gaîté, quatorze aux JeunesArtistes («).

A l’Opéra, on admirait Lais, Nourrit, Éloy, mesdames Branchu, Gardel;

Aux Français, Talma, Lafont, Baptiste Cadet, Baucourt , mesdemoisellesDuchesnois et Georges.

A Feydeau, Martin, Elleviou , Gavaudan, mesdames Saint-Aubin, Gavau-dan, Dugazon et Scio.

A Louvois, Picard, Clozel, et la charmante Adeline, etc.

Les bals et les cafés de Plaisance étaient presque déserts. 11 y avait peu deréunions publiques. On n’allait plus à VAthénée des étrangers, ni à Frmcati,c'est tout dire. On préférait so réunir en famille. Le beau inonde fréquentaitla terrasse des Feuillants. Les bals de société môme étaient peu suivis, àcause des difficultés d’exécution introduites dans les danses. Sur vingt femmes-engagées à danser, dix-neuf refusaient avec cette réponse : Je ne suis pasassez forte.

Pour les modes, elles étaient tyranniques et extrêmement capricieuses.

Examinons, en premier lieu, les modes des femmes. Les personnes richesportèrent, en grande parure, le bandeau antique et un chou de nattes : lahuppe ou coup de vent était passée de modes. On se servait de cache-folies etmême de perruques entières. Elles affectionnaient les turbans et les voiles,et revêtaient encore les robes à l’enfant, c’est-à-dire ouvertes par le dos.Quelques jeunes personnes tondues allaient encore tête nue , mais les coif-fures à la Ninon l’emportaient. L’ancienne couleur cheveux de la reine étaitredevenue à la mode sous le nom de couleur pèche. Les nuances vives fai-saient fureur pour les étoffes de femmes. Les grisettes portaient un spencernoir; elles avaient, de même que les dames de comptoirs et les petites bour-geoises, adopté une sorte de mise campagnarde, et elles se coiffaient d’unecornette à deux pointes (b).

Aucune femme de bon ton ne devait sortir sans équipage, ou tout au moinssans demi-fortune. Le luxe monarchique réapparaissait.

En second lieu, les modes des hommes ne le cédaient en rien, pour l’in-constance, à celles du beau sexe. Les redingotes n’étaient plus guère portées:

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