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actes cependant, nousaliénèrentpour longtemps, sinon pour toujours, l’amitiéd’un grand nombre d’entre eux, — on eut des procédés trop irrévérents, troptyranniques avec le pape; on dépouilla cette terre des arts de scs plus beaux. monuments. On appliqua trop à la lettre cette vérité que Rome était morte;on en fit Paris son héritière, et tout cela en prenant pour prétexte « queles arts cherchent la terre où croissent les lauriers.» Rome n’était pas morte,mais seulement veuve de sa gloire passée. Pourquoi lui avoir enlevé sa pluschère consolation? Pourquoi avoir effectué ce que nous dirons être un pillagede conquérant? Le jour où les monuments des arts et des sciences, venantd’Italie, entrèrent triomphalement à Paris , bien sûr plus d'un citoyen deFrance s’est senti au cœur un remords national, et les ombres de Raphaël,du Titien et de Paul Véronèse durent s’indigner en se voyant si brutalementarracher au soleil inspirateur de leur patrie! Quel égoïsme que celui qui fai-sait dire à un poëte du temps :
Home n’est plus dans Home ,
tille est toute à Pans !
Soit à cause du mécontement des Italiens, soit à cause des armements nou-veaux de l’Autriche , soit enfin à cause de l'impéritie de nos généraux, il fal-lut que Bonaparte retournât en Italie , y accomplir sa campagne des trentejours. Marengo fut le plus beau fleuron de sa couronne; à dater de cetteépoque l’Italie fut alliée complètement à la France , et dut partager sa bonneet sa mauvaise fortune. Elle avait adopté le héros, corse de naissance, etqu’elle regardait bien un peu comme provenant de sang italien. Quand il futarrivé tout à fait à un point culminant, elle se mit, avec joie , sous sa pro-tection immédiate, et c’est alors qu’une consulta extraordinaire fut con-voquée à Lyon, que Bonaparte fut choisi pour présider la république ita-lienne, et que, peu après, pour dernier gage d’alliance entre les fils de Clovis et les descendants de César, le concordat fut décidé, discuté, adopté, signé.L’Italie ne nous abandonna plus, et Pie VII, en personne, vint sacrer à Paris l’empereur Napoléon Bonaparte .
Ainsi l’Italie subit pleinement l’influence de notre propagande,— aidée, ilest vrai, par la force de nos armes. 11 semble que depuis lors, sa destinéen’est pas changée : elle regarde toujours la France, et la France ne s’occupeplus d’elle.
Les provinces avoisinant le Rhin partagèrent son sort, et, comme elle, sui-virent la marche de la révolution française. Ici se réveille une grande, unevieille question, à savoir si le Rhin doit être pris pour limites septentrionaleset orientales de la France. Elle s’est présentée sous Charlemagne , fut agitéesous Louis XIV, et un moment résolue pendant la révolution. On parle fran-çais dans une foule de villages de la Belgique , dans le Brabant, dans leLuxembourg , en Hollande.