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RÉSUMÉ GÉNÉRAL.
On ne voulut aller voir au théâtre que des tragédies révolutionnaires, oudont les héros fussent des Manlius Torquatus , des Yirginius, des QuintusCincinnatus, etc.
On voulut se servir d’armes antiques.
On renouvelait,, des Spartiates, les fêtes à la vieillesse, à l’agriculture, etc.
On lit dans les Souvenirs de la marquise de Créquy : « Quant aux salons duquartier d'Antin, où les Jacobins défroqués et les nouveaux enrichis se don-nen t des bals qui doivent sentir encore une odeur de carnage et de boucherie,il parait que ce sont des chambres tendues en drap rouge avec des borduresnoires, ornées de caryatides et de statues bronzées (sans feuilles de vignes), etgarnies de meubles romains en bois d’acajou du plus lourdement sévère et duplus triste dessin. Tout cela n’est éclairé que par des lampes, au lieu debougies, ce qui peut être fort économique et ce qui doit être fort malsain.Toutes les femmes y sont coiffées à la grecque avec des repentirs et des tire-bouehons qui découlent d’huile antique; elles ont presque toutes des colliersrouges, ce qui dénote encore aujourd’hui des opinions ou des prétentions à la
victime , et ce qui devrait donner un ressouvenir affreux.elles ont des
robes à la grecque et des tuniques à la grecque; les bas de robe brodés enrouge sur fond blanc, et plus souvent en laine qu’en soie. On dirait que leMusée des antiques aurait été formé pour l’instruction des couturières et descoiffeurs. Je vous ai déjà dit que les femmes avaient repris l’usage des sacsà ouvrage, que les antiquaires appellent riticules, attendu que ceux des damesromaines étaient formés en filet de réseaux; mais les bourgeoises qui les.portent disent toujours des ridicules, et ceci me fait rire (à part moi s’entend,car on ne me surprendra guère à pédantiser.).
« Je^vous dirai pourtant que les décorateurs à l’antique emploient conti-nuellement la patère, et que les tapisseurs les appellent des pdter; enfin lesméandres s’appellent des grecques, et tous les petits dessins noir et blanc(comme en pourrait faire Adèle-Égalité), s’appellent des camées, sans distinc-tion. » — .Malgré l’esprit de causticité dont est animé l’auteur de ces souve-nirs, il faut reconnaître qu’il a bien étudié lçs mœurs et le langage du temps.On parlait fort mal, et cela se conçoit, justement parce que les basses classes,ne sachant ni grec ni latin, n’ayant que de très- faibles notions de l’histoireancienne, se trouvèrent tout à coup aux prises avec un langage et des mœursantiques improvisés. Chacun citait les Romains et les Spartiates, sans con-naître à peine leur origine, et la situation géographique de leur pays. »
La morale publique se relâcha beaucoup, notamment sous le directoire,que nous avons ailleurs surnommée la Régence républicaine. Un luxe effrénéfit place au malaise pécuniaire qui, sous la terreur, s’était fait sentir cheztoutes les classes de citoyens. 11 est remarquable cependant que, depuis 1793jusqu’à 1801, le nombre d’enfants envoyés à l’hospice des Enfants-Trouvés,à Paris , ne s’est guère élevé au-dessus de 3,000. Dans les années précé-