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le café Lemblin , quelque temps fameux comme rendez-vous des officiers de l’empire, sous la restauration; le caféde la Rotonde, voisin du passage du Perron, et peu éloignédu célèbre café de Foy, placé dans la galerie Montpensier,et rival du café de la Régence, qui est, avec le café Procope ,du faubourg Saint-Germain , le plus ancien et encore lemeilleur café de Paris . Enfin sur ces galeries se dévelop-pent les deux grands étages des batiments du Palais-Royal ,loués la plupart à des restaurateurs, à des cabinets de lec-ture et à des cercles. A l’extrémité nord de la galerie liïont-pensier se trouve le théâtre du Palais-Royal, comme à l’ex-trémité sud, le théâtre Français, derrière lequel est le ma-gasin gastronomique du fameux Chevet, dans la galerie deChartres, qui conduit à la galerie de Nemours, et celle-cià la rue Saint-Honoré. Au bout septentrional de la galeriede Valois se voit le magasin du gourmand Corselet, et enface le café des Aveugles, ainsinomméà cause delà troupede musiciens aveugles qui jouent devant les habitués del’établissement.
Le jardin duPalais-Royaloccupe un espace découvert de234 mètres de long sur 100 mètres de large; il est plantédans sa plus grande longueur de deux doubles allées de til-leuls, et il offre deux pièces de gazon entourées d’une plate-bande et d’une petite grille en fer; elles sont séparées l’unede l’autreparunbassincirculaire,d’où s’élancent plusieursjets d’eau en forme de gerbe. Dans la pièce qui avoisine lagalerie d’Orléans, est une Diane à la biche, en bronze, co-piée de l’antique; et près d’elle un méridien à détonation,ou canon solaire, annonçant le midi vrai, qui, on le sait,diffère du midi moyen, sauf quatre fois par an. Il y a aussiun Ulysse de Bra, et une Euridice de Nanteuil, piquée parun serpent. Dans la pièce du nord est une statue en bronzed’Apollon : plus la statue en marbre d’un jeune hommeluttant contre une chèvre, par Lemoine, et celle d’un autrejeune homme sortant du bain, par d’Epercieux. Dans lecircuit du jardin, au bout de chacun des deux parterres oujardinets se trouvent quatre pavillons occupés par des per-sonnes qui louent des journaux sur place, moyennant cinqcentimes par journal.
On sait que le Palais-Royal est le rendez-vous des étran-gers et des oisifs quise promènent sous les allées ou dans lesgaleries, et devisent sur les affaires du jour ; laissons-les
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