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vergne. Les portes et les frontons de cet édifice étaientchargés de sculptures gothiques d'un travail délicat; larévolution de 1789 en a enlevé quelques-unes. La révolu-tion de 1830 a scellé un boulet dans ses murailles. Cethôtel qui logeait autrefois des reines et des prélats, ne logeplus aujourd'hui que des roulicrs.
L’/iôfel Carnavalet, rue Culture-Sainte-Calherine, 24.a élé la demeure de M»> de Sévigné. Il fut commencé parJean huilant et fini au bout de cent ans par Mansard,j puis vendu en 1578 à Françoise de la Baume, dame deCarnavalet , dont il a gardé le nom. Il offre encore dessculptures de Jean-Goujon .
A l'angle de la rue du Foin et de la rue Bonte-Brie, estce qu'on appelle encore dans le quartier l'hôtel de lareine Blanche, nom qui est commun à la plupart des mai-sons qu'ont habitées les veuves des rois, parce que ce deuilse portait en blanc, et se continua jusqu'au temps d'Anne de Bretagne , qui (il prendre le deuil en noir , à la mort de[ Charles VIII . L'écusson d’armoiries qu'on voyait apposé auportail a disparu a la révolution.
I. 'hôtel de Royaumont, hàti par l.tbbaye de ce nomdans le voisinage de Saint-Eustache , où il subsiste encore,fut, en 1B2S, témoin de la naissance de l’illustre maréchalde Luxembourg , fils posthume du fameux duelliste Bou-teville, décapité en 1627 pour contravention aux lois quiproscrivaient le duel. Ils formèrent a ce dangereux exer-cice le jeune Bussy, qui mourut pour Bouteville, le fou-gueux Deschapclles qui mourut avec lui, et ce comman-deur de Yalançay que le pape Urbain Vlllnomma car-dinal. Ce prêtre s'était souillé dans le sang de Cavois.père d'un courtisan de Louis XIV , qui fut l'ami de Racine.
Dans la rue Mauconseil et à la Halle-aux-Cuirs se trou-vait l’ancien hôtel de Bourgogne, où l'on jouait la farceitalienne, sous Catherine de Médicis . Plus lard, c'est-à-dire en 1613, les comédiens français des mystères furentautorisés à s'y établir. Les Italiens , protégés par le cardi-nal Mazarin, y reparurent en 1659, et ils jouèrent despièces françaises. Ce théâtre servait a d’autres troupes, quialternaient avec les Italiens. 11 reste encore de l'ancienhôtel de Bourgogne une tour carrée, dont ou fait remonterla construction au temps de Philippe-Auguste , bien que