P H K F A C F.
3
| émulation opiniâtre, puisqu’il a été si inexorablement, si implacablement sti-pulé que chacun des progrès de l’homme, eu tous ordres de choses, ne luiserait acquis qu’après avoir été par lui acheté et payé d’avance par l’étude,
i
la peine, le sang. Le sang des martyrs n’a-t-il pas scellé le marché?
| Le lendemain du rachat de notre ignorance, glorieusement soldé par ces
morts héroïques et si dignes d’envie, à la veille du grand événement qui vaj transmuer si profondément notre monde dans toutes ses conditions d’être,l’heure a aussi sonné pour le livre qui va arrêter les points de cette grandepartie. Car, s’il est juste de reconnaître que nombre d’œuvres actuelles nerépondent absolument à rien, — inutiles et dès lors nuisibles (comme toutce qui est inutile), puisqu’elles détournent les esprits des lectures essen-tielles, — s’il est même trop de publications malsaines et dangereuses, iln’est pas moins vrai d’affirmer qu’en France le livre arrive toujours au mo-ment précis pour déterminer ou aider la marche d’une Idée.
i
Parmi ceux qui ont tâché d’apprendre et qui ont l’honneur de tenir en| main la plume qui enseigne, qui ne serait (enté devant cette grande et émou-vante épopée de l’Aéronautique? Quel sujet plus palpitant d’intérêt que cespremiers essais des Montgolfier , des Pilastre de Rozier, des Lunardi, des; Gerli, des Blanchard, après les légendes significatives de la Fable et dei l’histoire obscure des temps premiers? Aux théories instinctives et confuses |des Cardan, des Scaliger, des Bacon, des Lana, des Galien , aux rêves desj : Cyrano, des Swift et des Rétif, succèdent les travaux substantiels et précis
li I des Charles, Gay-Lussac, Biot , Barrai, poursuivis par les Glaisher, les Tissan- ^
j 1 dier, — et hélas ! par nos deux héroïques victimes d’hier.
i
i
i
j Ce n’est pas tout : la France républicaine de 93 est envahie par l’Europe i monarchique coalisée contre elle; la France , qui représente l’éternel Progrès, j
va apprendre au monde ce que vaut un peuple qui veut être libre ou périr. !
Sur un signe du Comité de Salut Public , — tant calomnié et à jamais cher I
j| et glorieux pour nous, puisqu’il repoussa l’invasion et sauva la liberté du i
j monde, — à ce moment suprême où, comme dit Fourcroy, « tout manque, ! i
j 1 hommes, choses et temps, » l’âme de la Patrie commande les découvertes ià la science, qui s’empresse d’obéir : l’Aérostation militaire précède nos