HISTOIRE DES BALLONS
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tait quatre-vingts; le mien, qui donne ordinairement soixante-dix-neuf pulsations,en donnait cent onze. Cette accélération se faisait donc sentir, pour nous deux, àpeu près dans la proportion. Cependant notre respiration n’était nullement gênée,nous n’éprouvions aucun malaise, et notre situation nous semblait extrêmementagréable.
« Cependant nous tournions toujours, ce qui nous contrariait fort, parce quenous ne pouvions pas observer les oscillations magnétiques tant que cet effet avaitlieu. Mais en nous alignant, comme je l’ai dit, sur les objets terrestres, et sur lesflancs des nuages, qui étaient bien au-dessous de nous, nous nous aperçûmes quenous ne tournions pas toujours dans le même sens; peu à peu le mouvement de ro-tation diminuait et se reproduisait en sens contraire. Nous comprîmes alors qu’ilfallait saisir ce passage d’un des états à l’autre, parce que nous restions stationnai-res dans l’intervalle. Nous profitâmes de cette remarque pour faire nos expériences.Mais comme cet état stationnaire ne durait que quelques instants, il n'était paspossible d’observer, de suite, vingt oscillations comme à terre ; il fallait se contenterde cinq ou de six au plus, en prenant bien garde de ne pas agiter la nacelle, car leplus léger mouvement, celui que produisait le gaz quand nous le laissions échapper,celui même de notre main quand nous écrivions, suffisait pour nous faire tourner.Avec toutes ces précautions, qui demandaient beaucoup de temps, d’essais et desoins, nous parvînmes à répéter dix fois l’expérience dans le cours du voyage, à di-verses hauteurs. En voici les résultats dans l'ordre où nous les avons obtenus :
Hauteurs calculées.
Nombre des oscillations.
Temps.
2 897
mètres . . .
5 .
3 «38
— ...
5 .
1.1,
. . .
Id.
— ...
5 .
2 862
— ...
19 .
. . 70*
*» 1 iO
3 665
_
5 .
3 589
— x • •
i« .
3 742
. . .
5 .
3 977
— (2 04U toises). .
i« .
« Toutes ces observations, faites dans une colonne de plus de 1 000 mètres dehauteur, s’accordent à donner 35‘ pour la durée de cinq oscillations. Or les expé-riences faites à terre donnent 35‘ 1/4 pour cette durée. La petite différence d'unquart de seconde n’est pas appréciable, et dans tous les cas elle ne tend pas à indi-quer une diminution.
« On en peut dire autant de l’expérience qui a donné une fois 08 degrés pour dixoscillations, ce qui fait 34 pour chacune ; elle n’indique pas non plus un affaiblisse-ment.
« Il nous semble donc que ces résultats établissent avec quelque certitude la pro-position suivante :
« La propriété magnétique ri éprouve aucune diminution appréciable depuis la surface dela terre jusqu'à 4,000 mètres de hauteur : son action dans ces limites se manifeste constam-ment par les mêmes effets et suivant les mêmes lois.
« Il nous reste maintenant à expliquer la différence de ces résultats avec ceuxdes autres physiciens dont nous avons parlé. Et d’abord, quant aux expériences de