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HISTOIRE DES BALLONS
on n’en compte pas plus de quatre ou cinq pris par l’ennemi et seulement deux donton n’eut jamais de nouvelles et qui périrent en mer.
Le Jacquard, qui partit le 30 novembre, à onze heures du soir, de la gare d’Or-léans , monté par le marin Prince, fut le premier dont le voyage finit d’une manièresi terrible.
Le Jacquard n’emportait que 230 kilogrammes de dépêches et son aéronaute,Prince, s’écria en montant dans la nacelle :« Je veux faire un immense voyage;on parlera de mon ascension! » Hélas! le voyage fut long en effet. Le marin ne revintjamais au port. La nuit était noire, et ce n'est que le lendemain matin qu'un navireanglais , en vue de Plymouth, aperçut bien loin au-dessus de l'Océan un ballon quigagnait la haute mer.
Le Jacquard emportait Prince vers la mort!
V
Un volume ne suffirait pas à retracer les péripéties qui signalèrent les voyagesaériens accomplis pendant le siège de Paris ; il nous faut donc à regret rejeternombres de relations et ne rappeler que celles qui présentent un intérêt réellementexceptionnel.
Le 20 décembre, c’était le Général-Chanzy qui allait donner à la France et au mondeentier des nouvelles de Paris assiégé.
Le départ du Général-Chanzy avait été fixé au 18 décembre; mais le vent étaittellement violent que, pendant deux jours, l’ascension avait été retardée. Le 20décembre, l'aéronaute Verrecke reçut l’ordre de se tenir prêt pour deux heuresdu matin.
L’état de l’atmosphère s’était un peu modifié, mais vers minuit la tempête se dé-chaîna avec plus de violence que jamais; le ciel sombre de décembre roulait, avecune rapidité vertigineuse, de gros nuages noirs; le ballon, gonflé dans la cour du
chemin de fer du Nord , avait peine à résister aux rafales terribles qui balayaient lesol.
Enfin, à deux heures du matin, M. liampont, le directeur général des postes,remit à l’aéronaute les dépêches et l’argent qui lui était nécessaire pour son voyage,en même temps on lui présenta trois voyageurs qui devaient l’accompagner :MM. Lepinay, Joufryon et Julliac.
La présentation fut vite faite : entre gens qui vont courir les mêmes dangers,sacrifier leur vie pour la même cause, la politesse est chose superflue.
Un quart d’heure plus tard, le Général-Chanzy s’élevait aux cris de : Vive laRépublique ! Vive la France !
« Une minute après mon départ, dit M. Verrecke dans la relation qu’il nous alaissée de son voyage, j’entendais des coups de feu; nous étions déjà au-dessus deslignes prussiennes, peut-être étions-nous découverts par l’ennemi qui nous tiraitdessus. Je jette encore du lest, et mon ballon monte à une très-grande hauteur, detrois à quatre mille mètres. Nous marchons avec une rapidité extraordinaire; le