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VOYAGE
tandis que sur la côte opposée il tendrait au contraireà s’exhausser, comme si, en un mot, la presqu’île deSeltjarnarnes éprouvait un mouvement de bascule ;mais il est plus rationnel, je crois, d’attribuer ce faibleenvahissement de la mer à la destruction de la do-lérite elle-même, sur laquelle repose la tourbe.
Cette tourbe noirâtre, et composée en grande par-tie de plantes aquatiques, notamment de cypéracées,renferme dans sa partie inférieure un grand nombrede lignites appartenant à des bouleaux qui ont crûjadis dans cette partie de l’Islande , où l’on est bienloin aujourd’hui d’en rencontrer. Examinés avec soin,ces lignites m’ont paru ne pas différer des bouleauxqui croissent encore dans quelques parties privilégiéesde l’ile, cependant plus septentrionales que celle-ci,mais moins exposées aux vents. C’est principalementle betula alba qu’on rencontre dans les tourbières deReykiavik. J’ai déraciné un de ces arbres, couché,tels qu’ils le sont ordinairement à l’état vivant, parsuite de l’action prolongée des vents, sur les côtesbasses de l’Islande ; il avait crû dans une terre argi-leuse d’un gris verdâtre, qui recouvre immédiate-ment la dolérite disloquée, et permet de distinguerune nappe d’eau entre elle et la tourbe propre-ment dite. Les tiges les plus délicates, provenantévidemment des branches, sont communes au mi-lieu de la tourbe. La compression de quelques-unesd’entre elles s'explique sans doute par l’état de mol-lesse dans lequel elles se trouvent toutes depuis long-temps, imprégnées qu’elles sont constamment par les